Cyril Giorgini, patron d’Auditoire et trublion de l’événementiel

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Organisatrice dévénements dans le monde du luxe ou pour les États, Auditoire n’en finit plus de conquérir de nouveaux marchés. Porté par l’insatiable Cyril Giorgini, le développement international de l’agence pourrait toutefois faire les frais de la situation géopolitique tendue dans le golfe Persique.

« J’aime le fait d’être un caméléon, de vivre avec mon temps, de faire énormément de rencontres » confiait Cyril Giorgini en 2016 au site l’ADN, consacré aux décideurs et aux entreprises innovantes. Des rencontres tous azimuts qui payent, le CEO d’Auditoire en sait quelque chose. Un pied à Paris, le second à Dubaï, celui dont le rêve était de « faire la plus belle agence de comm événementielle du monde » a en effet su gagner le respect de ses pairs. La marque a engrangé quelques succès récemment. L’ouverture d’un hôtel résidence à Dubaï pour Bulgari, joaillier de LVMH, le prestigieux groupe du luxe de Bernard Arnault, en fait partie. Ambiance féline, bijoux somptueux et mannequins graciles évoluant à travers la foule : de l’avis de tous, l’événement a fait date.

Le secret du succès ? Penser tout évènement comme une forme de communication. « Même dans une fête, il faut dire quelque chose, faire passer un message » martèle Cyril Giorgini pour l’ADN. « Le résultat ne doit jamais être gratuit ».

 

Une expertise clef à Dubaï… et à Paris

Par choix ou par tropisme, Cyril Giorgini a principalement concentré l’expertise du groupe sur le secteur du luxe. Au point de créer une filiale spécialisée, Luxury Makers by Auditoire, qui s’est vue décerner l’Or dans la catégorie Opérations event /RP lors des grands prix Stratégies de décembre dernier. Le prix récompensait l’évènement « A night at the Opera » pour Cartier, durant lequel Auditoire a accompagné l’ouverture du nouvel opéra des Émirats Arabes Unis à grands renforts de jeux de lumière et d’effets holographiques sur l’édifice. Là encore, l’événement a eu lieu à Dubaï, où le groupe peut se vanter de posséder un carnet d’adresses fourni. Il y a déjà organisé plusieurs événements, à l’image de la cérémonie des Hamdan International Photography Award (dit HIPA). Ce grand prix de la photographie s’est effectué sous le patronage d’une célébrité, et non des moindres : le prince héritier de Dubaï, Hamdane al Maktoum, avec lequel Auditoire semble entretenir des liens serrés.

Parallèlement, l’agence ne boude pas son pays d’origine. En 2015, elle a organisé « la DS Week », un événement durant lequel, pendant six jours, elle a mobilisé 500 partenaires et clients, 600 journalistes et 700 voitures DS. L’objectif ? Axer le projet autour des valeurs du luxe français. «DS n’est pas un constructeur généraliste, c’est une marque haut de gamme, affirme Clotilde Masounabe, consultante pour l’agence de communication événementielle. Nous avons imaginé une DS Week, sur le modèle de la fashion week en nous appuyant sur les codes du luxe et de la mode. » Pour l’organisation de cet évènement, l’agence remportera le Grand Prix Stratégies de la communication événementielle.

 

Un développement débridé ?

Seule ombre au tableau ? L’aspect frondeur de l’entreprise pourrait lui jouer des tours. « Je crois qu’on peut organiser les choses, je crois au fait d’essayer, je crois à l’échec » détaillait Cyril Giorgini pour l’ADN. « Plus nous sommes en danger, plus nous sommes forts. Plus une organisation est indépendante, plus elle prend des risques. »

Trop de risques peut-être ? L’agence poursuit tambour battant ses développements internationaux, au Qatar, à Singapour ou encore en Chine, où elle organise des événements pour des marques premium ou de luxe comme L’Oréal ou Mercedes, connait une croissance majeure. Elle a d’ailleurs obtenu le prix de Greater China Experiential Marketing Agency pour ses nombreuses campagnes marketing (Volvo, Mercedes) dans l’empire du Milieu. Boulimique, le fondateur de l’agence ne compte pourtant pas en rester là : « Il nous manque le Continent américain » confie M. Giorgini au Figaro.

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