Côte d’Ivoire : une économie “aux portes du paradis”

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L’économie de la Côte d’Ivoire s’est améliorée. L’efficacité budgétaire est mise en avant par la Banque mondiale même si elle estime qu’un rattrapage technologique est nécessaire.

« Avec un taux de croissance qui devrait se maintenir autour de 7,6 % en 2017, la Côte d’Ivoire continue d’être une des économies les plus dynamiques d’Afrique, voire même du monde « . Le 8 février dernier, la Banque mondiale, dans son sixième rapport présentait la situation économique en Côte d’Ivoire. L’institution financière internationale, est résolument optimiste. Le pays d’Alassane Ouattara est tout simplement  » aux portes du paradis ».

Le rebond de l’agriculture, la résilience du pays aux chocs internes et externes et l’apaisement du climat politique et social ont enclenché un processus de rattrapage économique. Les principaux indicateurs étant au vert, ce rattrapage économique ne semble pas près de s’arrêter, Le taux d’inflation avoisine 1 % sur une base annuelle, les crédits de l’économie se sont accrus d’environ 14 % et le système financier demeure stable avec un taux de crédits non performants autour de 8 %. Si les importations sont restées stables, les exportations ont quant à elles augmenté de 20 %. Le déficit du compte courant s’est stabilisé à environ 1 % du PIB.

Une efficacité budgétaire efficace, pour la Banque mondiale

Selon la Banque mondiale, la politique budgétaire de la Côte d’Ivoire est particulièrement efficace. Pour cette institution, si la Côte d’Ivoire affiche un taux de croissance parmi les plus élevés du monde, cela est dû à son programme d’investissement et ses grands travaux d’infrastructure.

Deux initiatives ont contribué à réduire les risques budgétaires et améliorer la gestion publique dans des secteurs stratégiques. Premièrement, le gouvernement s’est engagé à mieux s’acquitter de ses factures d’électricité. Un plan d’assainissement visant à réduire le déficit de ce secteur a été mis en place. Deuxièmement, un audit financier de certaines opérations sur le marché du cacao a permis de corriger de nombreuses irrégularités.

Les bons résultats économiques du pays devraient se confirmer à court et moyen terme. La Banque mondiale table sur un taux de croissance de 7 % en 2018 et 2019. La communication, la finance, le transport et la construction devraient croître à un rythme soutenu. L’essor de l’industrie alimentaire devrait également soutenir la croissance.

Entreprises privées, levier du rattrapage technologique


Le rapport de la Banque mondiale attire toutefois l’attention sur certains axes d’amélioration.La Côte d’Ivoire, souffre de retards tant dans son ouverture vers l’extérieur que dans le développement de son capital humain et de son réseau logistique. Afin d’atteindre son objectif de devenir un pays émergeant, Abidjan devra compter sur les entreprises locales.

Le rapport alerte les entreprises.   » La majorité des entreprises ivoiriennes restent aujourd’hui moins productives que leurs concurrentes dans les pays émergents tels que le Maroc, la Chine ou l’Indonésie. Pour la plupart, elles n’utilisent pas des technologies modernes et n’investissent pratiquement pas dans la recherche et l’innovation « .

Si la productivité du travail a augmenté depuis 2012, les entreprises demeurent en retard par rapport à la frontière de production atteinte par certains autres pays émergents.
Seul un rattrapage technologique permettra d’accélérer la vitesse de convergence de la Côte d’Ivoire. Pour cela, l’ouverture vers l’extérieur à travers les investissements étrangers et les exportations est essentielle. Le développement du capital humain et l’amélioration de la connectivité sont les deux autres défis que doit relever le pays.

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