Paris veut reprendre le contrôle du système de formation professionnelle

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Paris veut reprendre le contrôle d’un programme à 32 milliards d’euros actuellement géré par les syndicats et entreprises.

Fin d’un système pas assez avantageux pour les travailleurs

Par le biais d’une nouvelle vague de réformes qui n’a pas manqué de bousculer les syndicats, le gouvernement d’Emmanuel Macron entend réviser le système de formation professionnelle français afin notamment de permettre l’augmentation des compétences de la main-d’œuvre et ainsi la réduction du chômage.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a énoncé les changements à venir dans le programme annuel de 32 milliards d’euros, affirmant que celui-ci avait tendance à profiter à ceux qui avaient déjà des qualifications et qui risquaient le moins de perdre leur emploi. La ministre garantit que davantage de fonds seront désormais dirigés vers les travailleurs les moins qualifiés dans les petites entreprises.

« Environ 10 à 20% des emplois disparaîtront au cours de la prochaine décennie à cause de la robotique et de l’automatisation », a déclaré Mme Pénicaud ce lundi 5 mars. « Les experts estiment qu’à peu près le même nombre de nouveaux emplois seront créés. . . La bataille mondiale pour les compétences a été lancée. »

Ces nouvelles réformes devraient permettre au gouvernement de reprendre le contrôle de la formation aux syndicats et associations commerciales qui garantissent son bon fonctionnement depuis des décennies, mais ces dernières affecteront également leurs finances, puisque ces acteurs n’imposeront plus et ne contrôleront plus la fiscalité des entreprises (qui contribuent pour près de la moitié du régime).

« Personne ne conteste le fait que les syndicats et les organisations d’employeurs ont fait un mauvais travail en gérant le système. Au fil du temps, ils ont été plus intéressés par la collecte de fonds que par l’offre de bons cours de formation », a déclaré Patrick Artus, économiste en chef chez Natixis.

Réduire le déficit de compétences est essentiel pour réduire le chômage de 9% à 7% d’ici 2022, selon les objectifs gouvernementaux actuels. De plus en plus d’entreprises se plaignent de ne pas trouver assez de travailleurs qualifiés alors que la deuxième économie de la zone euro commence à renouer définitivement avec le chemin de la croissance. Entre 200 000 et 330 000 postes étaient à pourvoir l’an dernier.

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