Baisse du chômage : qui doit-on remercier ?

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La courbe du chômage s’est enfin inversée. Est-ce grâce au gouvernement actuel ? Au précédent ? Alors que le débat fait rage, il ne faut pas oublier que ce sont les entreprises qui créent de l’emploi, notamment au niveau régional.

« Année de l’embellie », « franc succès », « optimisme retrouvé »… Enthousiastes, les journalistes pourraient bientôt être à court de formules pour commenter les chiffres du chômage. Il faut dire que ces derniers sont particulièrement bons. Dans les colonnes de Libération, Luc Peillon évoque ainsi un « rayon de soleil », visiblement plus fulgurant que prévu.

Selon l’Insee, le taux de chômage, au sens du Bureau international du travail, a reculé de 0,7 % au quatrième trimestre 2017. Il s’établit ainsi à 8,6 % en France métropolitaine, soit « son plus bas niveau depuis 2009 ». Mais ce n’est pas tout : « cette forte baisse est une surprise », comme le souligne le journaliste français. « Dans sa dernière note de conjoncture de décembre 2017, l’Insee ne prévoyait qu’une amélioration mineure de la situation, avec un taux de chômage attendu à 9,4 % à la mi-2018, DOM compris. Le rayon de soleil aura donc eu lieu avec six mois d’avance, et 0,5 point de moins », ajoute Luc Peillon.

L’enthousiasme du journaliste est compréhensible, tant l’attente fut particulièrement longue après que François Hollande a fait la promesse d’une inversion « imminente » de la courbe du chômage… en 2012. L’heure serait-elle venue de remercier l’ancien président de la République ? Ou faut-il se tourner vers son successeur, ce jeune président, à la fois rassurant et dynamique, qui a promis de réformer « enfin » la France ? Voilà un débat qui devrait à son tour inspirer journalistes et économistes dans les semaines à venir.

Grandes sociétés, TPE et PME : les entreprises recrutent

Il ne faudrait pourtant pas oublier le rôle essentiel joué par les entreprises, véritable moteur de la lutte contre le chômage et de la création d’emplois. Les bons résultats des grandes entreprises françaises et l’embellie connue par les TPE et PME depuis quelques années expliquent en grande partie les bons chiffres rendus publics par l’Insee. Et la tendance devrait d’ailleurs se poursuivre en 2018 : dans la dernière édition de son « Étude de rémunération nationale », le cabinet de recrutement Hays dresse ainsi la liste des secteurs qui devraient continuer à recruter cette année. Selon le cabinet, « les grands acteurs de la banque de détail sont un important pourvoyeur d’emplois opérationnels en CDI et CDD ». Alors que la reprise du secteur du BTP et immobilier va se poursuivre, la digitalisation du secteur commercial, marketing et communication devrait quant à elle entraîner « une forte demande en compétences techniques pour les métiers du web et du marketing digital ».

Dans l’industrie, les ingénieurs spécialisés dans l’environnement et l’énergie devraient être particulièrement sollicités, tandis que « le marché de l’informatique se porte bien avec un besoin croissant de sécuriser les systèmes d’information ». L’informatique et les télécoms, l’hôtellerie, le commerce, la distribution et même la santé (en particulier les métiers des services à la personne) devraient également contribuer à faire baisser le chômage en 2018.

Le rôle croissant des régions

Les tendances sont également encourageantes au niveau régional. Un « détail » qui a son importance, la responsabilité des régions et le poids du tissu économique local étant de plus en plus significatifs en matière de création d’emplois. À Paris, une « Charte de développement de l’emploi local » a ainsi été signée par la Mairie et O2 Care Services, leader national dans le secteur des services à la personne. Celle-ci devrait permettre d’embaucher 500 personnes en CDI sur l’année 2018.

Les entreprises recrutent donc en région. Alors que les assureurs tablent cette année sur 13 000 embauches sur l’ensemble du territoire national, le courtier spécialisé en assurance mobile et multimédia, SFAM (Société française d’assurances multirisques), compte recruter 400 personnes à Romans-sur-Isère (Drôme), 400 à Roanne (Loire) et 200 sur son site parisien. Avec une croissance de plus de 2 400 % en cinq ans et un chiffre d’affaires estimé à 500 millions d’euros pour l’année 2018, la SFAM devrait ainsi profiter des vents favorables que devrait connaître le secteur de l’assurance.

Le spécialiste de l’assurance multirisque n’est pas le seul à œuvre en faveur de l’emploi en région : Le Parisien a en effet publié, en janvier dernier, un « tour d’horizon des offres d’emploi pour postuler en 2018 partout en France ». Chaque région française y est présente. On y apprend, entre autres, que Michelin a prévu de recruter 270 personnes en Auvergnes-Rhones-Alpes, Peugeot-Citroën devrait pour sa part embaucher 500 à 700 personnes en Bourgogne–Franche-Comté et Décathlon compte s’attacher les services de 235 responsables de rayon, vendeurs et magasiniers en Occitanie.

Toujours au niveau local, de nombreuses villes et régions mettent en place des projets destinés à stimuler l’emploi. Le Conseil régional de Poitou Charente vient ainsi de voter, le 26 mars dernier, un plan de 10 actions pour « relever le défi des compétences et faciliter les recrutements dans les entreprises ». Le plan en question a pour objectif d’échanger, analyser et agir pour la qualification et l’emploi, aider les entreprises à recruter, et accroître et transformer les compétences des demandeurs d’emploi. De son côté, le Conseil régional des Pays de la Loire a lancé, en mars dernier également, son « plan de bataille pour l’emploi » destiné à « faciliter la rencontre entre les entreprises et les demandeurs d’emploi » de la région. Autant d’initiatives qui devraient participer à la baisse du chômage au niveau national.

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