Le Kazakhstan, futur eldorado touristique ?

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Jusque-là connu pour son riche sous-sol, le Kazakhstan a opéré depuis plusieurs années une véritable diversification de son économie en même temps qu’une ouverture vers le monde extérieur. Fort d’une importante croissance économique, le plus grand pays d’Asie centrale voit dans ses atouts naturels un potentiel majeur pour développer son industrie touristique.

Longtemps obnubilé par ses ressources sous-terraines parmi les plus importantes au monde en uranium et manganèse (2e), charbon (8e), pétrole (12e) et gaz (24e), le Kazakhstan s’intéresse à présent à ses richesses en surface tout aussi nombreuses. Hôte du dernier Festival international des sports de montagne, la station de Chymboulak a offert à ses participants, fin juillet 2017, un aperçu des paysages naturels préservés de la région d’Almaty, « joyau vert » du pays, autant d’atouts pour une industrie du tourisme en plein essor. Quatre fois plus grande que la France, la plus grande nation d’Asie centrale se prépare à connaître, via son troisième plan de modernisation à l’horizon 2025, une expansion majeure de son économie, dans laquelle le tourisme devrait jouer un rôle significatif.

À mi-chemin entre Moscou et Pékin, entre l’Europe et l’Asie, le Kazakhstan affiche depuis son indépendance en 1991 une croissance ininterrompue. En 2018, l’ancienne République soviétique pointe à la 36e place dans le classement Ease of Doing Business de la Banque mondiale, un dynamisme qui s’est traduit pour les 18 millions d’habitants par une chute du taux de pauvreté de 47 % à 2,7 % entre 2001 et 2015. Après un quart de siècle d’intense transformation et d’ouverture vers le monde extérieur, le pouvoir kazakh déploie aujourd’hui une stratégie touristique ambitieuse, avec l’objectif d’ici 2023 de faire d’Almaty et d’Astana deux des principales destinations d’Asie centrale.

Un potentiel touristique avéré

Pour y parvenir, l’agence nationale de tourisme a mis sur pied en 2017 un circuit d’une centaine de sites touristiques, répartis en six pôles régionaux : Astana, cœur de l’Eurasie ; Almaty, concentré de liberté ; l’Altaï, perle de l’écologie à l’est ; la grande route de la soie au sud ; les portes de la mer Caspienne à l’ouest ; et la culture nomade du nord. Plus de 600 monuments sacrés ont également été répertoriés, dont certains aspirent à intégrer le patrimoine mondial de l’UNESCO. Encore relativement confidentiel, le tourisme au Kazakhstan attire essentiellement des participants aux événements sportifs et culturels, comme les Jeux mondiaux universitaires d’hiver organisés à Almaty l’an dernier ou l’Exposition internationale 2017 à Astana. En 2010, la capitale kazakhe a également accueilli Sommet de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Entre 2006 et 2016, le nombre de touristes a doublé dans le pays pour atteindre 6,5 millions, essentiellement en provenance de la Russie, du Kirghizstan et de l’Ouzbékistan voisins. Afin d’attirer davantage de visiteurs, le gouvernement kazakh a récemment établi un programme d’exemption de visa pour plus de 60 pays et signé des accords avec la Chine et l’Iran. Le tourisme est en effet un des secteurs économiques les plus porteurs dans le monde, où il représente 10 % des PIB et 7 % des exportations globales. En 2017, le nombre de touristes sur la planète a augmenté de 4,7 % pour s’élever à 1,2 milliard, poussé par la demande chinoise et indienne.

La France sur les rangs

Devant ces perspectives prometteuses, le Kazakhstan s’est mis en ordre de marche pour développer une industrie touristique à l’immense potentiel, mais dans le respect de l’environnement et de l’identité nationale. Surfant sur son dynamisme économique et sa stabilité politique, le pays entend profiter de sa position stratégique sur la nouvelle route de la soie afin d’accueillir des touristes de Chine, mais aussi d’Europe de l’ouest et notamment de France. Suite à la visite de François Hollande en 2014 accompagné de grands groupes français comme Total, Areva, GDF Suez et la SNCF, les autorités kazakhes sont attentives aux marchés parisiens pour séduire de nouveaux investisseurs et visiteurs potentiels. Fin mai, l’agence Kazakh Invest a ainsi lancé le premier Forum d’investissements kazakhstanais-français à Paris afin de doper les échanges avec l’Hexagone.

En 2017, les importations françaises se sont déjà élevées à 3,6 milliards d’euros, mais la Russie, les Pays-Bas, les États-Unis, la Suisse et la Chine devancent la France en matière d’investissements. Avec son tissu de PME et de grands groupes dans le domaine hôtelier, dans les remontées mécaniques, de tour-opérateurs, l’Hexagone a une carte à jouer. Avec 11 nouvelles zones économiques franches, de nombreux projets de partenariats public-privé (PPP) et un secteur touristique en pleine expansion, les opportunités ne manquent pas pour profiter du boom kazakh à venir.

 

Gilles Buisson

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