La mode est à la cyberassurance

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Smartphones, tablettes, smartwatch…. Les objets connectés font plus que jamais partie de notre quotidien, mais leur utilisation n’est pas sans risque. Si des sociétés comme SFAM, SPB et bientôt Amazon assurent les précieux objets en cas de casse, de perte, de vol ou de panne, la tendance est plus que jamais à la cyberassurance.

Pour ce qui est de la casse, du vol ou encore de la perte de nos précieux smartphones, tablettes, enceintes Bluetooth et j’en passe, nous sommes sans arrêt sur nos gardes. C’est pourquoi nous investissons dans des coques toujours plus résistantes et souscrivons à ce qu’on appelle des assurances affinitaires, un marché des plus porteurs.

Prenez le cas de la Société française d’assurances multirisques (SFAM) par exemple. Le leader français du secteur, qui assure notamment les produits vendus par Fnac-Darty, dont elle est le deuxième actionnaire, profite de la bonne santé de certains marchés, notamment ceux des appareils nomades et l’e-commerce. SFAM affiche ainsi un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros pour l’exercice 2017 et une insolente croissance de 2 400 % sur cinq ans. Sans compter que la société fondée en 1999 par Sadri Fegaier compte recruter plus de 1 000 personnes en CDI rien qu’en 2018.

Le marché de l’assurance affinitaire serait tellement porteur que même Amazon chercherait à s’y faire une place. Après avoir conclu des accords ponctuels avec SPB — l’autre géant de l’assurance affinitaire qui revendique 50 millions d’assurés en Europe — et Allianz, de nombreux observateurs estiment que l’entreprise américaine s’apprête à sauter le pas. De son côté, Amazon s’est refusé à tout commentaire sur le sujet.

«De vraies passoires»

Mais au-delà des pépins matériels que peuvent rencontrer nos appareils, ces derniers sont de plus en plus exposés au piratage des données personnelles ou professionnelles qu’ils contiennent. Et il y en a beaucoup.

Ainsi, selon l’entreprise de cybersécurité Kaspersky, 61 000 infections de smartphones par des malwares bancaires ont été dénombrées au deuxième trimestre 2018. Cela représente une hausse de 50 % par rapport au précédent record, qui date du quatrième trimestre 2016.

Les malwares bancaires sont des programmes malveillants qui permettent aux cybercriminels de récupérer les identifiants bancaires de leur victime. Or, selon la société spécialisée dans la sécurité des terminaux et applications mobiles Pradeo, les applis bancaires sont « de vraies passoires ». La société a en effet exposé 50 applications des principales banques du monde (dont 3 françaises) à 22 cybermenaces potentielles. Résultat : aucune application n’a résisté à l’ensemble des menaces. Plus grave encore, en moyenne, elles se sont toutes avérées vulnérables à sept types d’attaques différentes.

Place à la cyberassurance

Dans ce contexte, le marché de la cyberassurance devrait connaître un développement similaire, voire plus rapide, à celui de l’assurance affinitaire. Selon une étude menée en septembre 2015 par le cabinet de conseil et d’audit PwC, au moins 64 % des Français seraient prêts à souscrire une assurance les couvrant contre les risques liés à la cybercriminalité.

Il n’en fallait pas plus aux assureurs pour développer leurs offres. En mai dernier, la Matmut a ainsi  lancé « Matmut Cyber Assurance », un contrat d’assurance des risques informatiques destiné aux professionnels et aux entreprises réalisant moins de 10 M€ de chiffres d’affaires.

D’autres acteurs devraient lui emboîter rapidement le pas, les attaques contre les entreprises et les particuliers étant de plus en plus fréquentes. Que ce soit du côté des géants comme AIG ou Axa, ou des AssurTech (start-up de taille modeste exerçant dans le secteur de l’assurance) de plus en plus d’offres basées sur l’assurance dommages, la prévention des cyberattaques ou la responsabilité civile devraient être proposées. L’ère de la cyberassurance a sonné.

C. Baupin

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