L’importance du nucléaire dans la réduction des émissions de carbone

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Quelques semaines après la tumultueuse démission de Nicolas Hulot, la publication d’une étude du MIT réaffirme l’importance du nucléaire pour réduire les émissions de CO2. Visiblement en phase avec ces conclusions, le premier ministre Édouard Philippe a confirmé ne pas vouloir réduire la part de l’atome dans le mix électrique français à 50 % avant 2035.

Si le départ de Nicolas Hulot s’est révélé pour le moins brutal, il a eu le mérite de mettre l’écologie au cœur de l’actualité. Depuis cette fameuse interview du 28 août sur France Inter où l’ancien animateur d’Ushuaïa a annoncé sa sortie du gouvernement, la question environnementale ne cesse de faire parler d’elle. Il faut dire que la France est loin d’être un élève modèle en la matière. Cette année, l’Hexagone a dépassé dès le 5 mai les ressources naturelles qu’il peut produire en un an, selon un rapport de la WWF. En cause, les secteurs du logement, des transports et de l’alimentation, grands consommateurs d’énergies fossiles, ont fait progresser les émissions de CO2 de 11,4 % entre 1990 et 2016. En 2017, ces dernières ont encore augmenté de 3,2 %… Alors que les regards sont tournés vers les énergies renouvelables pour accélérer la transition énergétique, une récente étude du prestigieux MIT (Massachussetts Institute of Technology) parue début septembre 2018 confirme l’importance de l’énergie nucléaire pour réduire rapidement les émissions de CO2. Selon ses auteurs, il serait encore possible de ralentir, voire de stopper les impacts du changement climatique en continuant d’utiliser l’atome parmi les technologies bas carbone. Sans lui, ce serait plus difficile et coûteux, soulignent-ils pour rappeler son rôle capital. « Notre analyse montre que la valorisation de l’ensemble du potentiel de l’énergie nucléaire est essentielle pour parvenir à un mix énergétique profondément décarboné dans de nombreuses régions du monde, explique Jacopo Buongiorno, directeur de l’étude. La mise en place de nouveaux modèles politiques et économiques ainsi que des innovations dans la construction permettraient à l’énergie nucléaire de répondre à la demande mondiale croissante en énergie, tout en contribuant à la réduction des émissions de carbone. »

L’atout modulation du nucléaire

Avec une hausse de la consommation électrique mondiale estimée à 45 % d’ici 2040, il serait dommageable de ne pas exploiter jusqu’au bout les infrastructures nucléaires déjà disponibles pour produire de l’électricité bas carbone, estiment les chercheurs du MIT. Ces derniers préconisent ainsi de ne pas fermer prématurément les centrales existantes, jugées sûres par l’autorité de sûreté nucléaire (ASN). En France, l’électricité d’origine nucléaire est en effet décarbonée à 97 %. Pour faire baisser les émissions mondiales de CO2, les chercheurs toutefois que l’industrie nucléaire améliore sa compétitivité en construisant plus rapidement de nouveaux réacteurs et en bénéficiant d’une taxation renforcée de la production de carbone.

Selon eux, le fonctionnement harmonieux avec les autres énergies bas carbone (hydraulique, éolienne, solaire et biomasse) constitue un avantage pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris. Le recours à plus de modulation est justement l’une des particularités de l’atome, qui peut faire varier ses réacteurs à plus ou moins 80 % de leur puissance en moins de 30 minutes et à raison de deux fois par jour. Cette adaptabilité permet précisément de pallier l’intermittence des énergies 100 % renouvelables, dont la production dépend significativement des éléments extérieurs (vents, soleil, pluie, etc.). Depuis le début des années 1980, les centrales françaises jouent ainsi le rôle de tampon, garantes de l’équilibre entre l’offre et la demande en électricité.

Un mix énergétique équilibré pour accélérer la décarbonation du pays

L’atout nucléaire français n’a pas échappé au premier ministre Édouard Philippe, qui a rappelé le 5 septembre dernier l’engagement du président Emmanuel Macron de ne réduire la part de l’atome dans le mix électrique à 50 % qu’en 2035, contre l’objectif de 2025 initialement visé. « La date précise pour atteindre l’objectif de 50 % n’est pas encore arbitrée », ajoute toutefois Matignon, conscient de la difficulté du challenge. En juillet 2017, le chef de l’exécutif appelait déjà à la « prudence », affirmant que « l’idée n’est pas de rompre avec le nucléaire mais d’arriver à un mix énergétique plus équilibré ». « Il faut être prudent : cette décision [de fermeture de centrales]devra tenir compte non seulement d’éléments techniques des centrales, mais aussi du niveau attendu de la consommation énergétique ou du développement des autres modes d’électricité. » L’évolution complémentaire entre nucléaire et énergies renouvelables doit donc permettre de changer en profondeur le système de production énergétique français pour assurer un approvisionnement suffisamment fiable, tout en décarbonant le pays pour aller vers un modèle plus durable. Sur ce point, la France fait figure d’exemple : son parc électrique est le moins émetteur de C02 au monde avec seulement 16 grammes par kWh, soit presque 20 moins que la moyenne européenne (300 g).

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