Qui est Benoît Chang, le CEO d’EuropaCity ?

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Il est à la tête d’un des projets les plus ambitieux de ces trente dernières années sur le territoire français. Qui est Benoit Chang, le jeune CEO d’Europacity ?

Benoît Chang n’a pas peur des projets hybrides, même si cela implique une certaine difficulté à les définir. « Si quelqu’un trouve ou invente le mot pour décrire EuropaCity, je suis prêt à payer cher pour cela », plaisante le directeur général du complexe touristique et commercial qui devrait voir le jour dans le Triangle de Gonesse (Val-d’Oise) en 2027.

Issu d’une famille franco-coréenne, Benoit Chang est d’abord un élève de l’ESCP Europe (promotion 1997). Ancien directeur financier de Cegelec (1998-2004) à Jakarta, Sao Paulo et Saint-Denis de La Réunion, celui qui se définit volontiers comme « citoyen du monde » a d’abord été marqué par une carrière à l’international. Lusophone, il est nommé directeur financier de Crediplus à Lisbonne, un poste qu’il occupera pendant plus de cinq ans (2004-2009) et qui lui permettra d’entrer plus tard au sein du groupe Auchan.

En effet, il se voit proposer, en 2010, le poste de directeur financier et juridique d’Immochan France. Une offre qui implique un déménagement à Lille : un choc thermique entre le Pas-de-Calais et Lisbonne que souligne amusé le jeune dirigeant lors de ses interviews. Immochan, c’est une véritable expertise globale de l’immobilier commercial, avec 400 centres commerciaux gérés dans 12 pays. « C’était une expérience magnifique. Une grosse responsabilité, une grosse entreprise… Surtout, j’ai rencontré des gens fabuleux. En réalité, c’est ça qui a fait la différence », se souvient le dirigeant.

CEO d’Europacity

Un parcours éclair qui l’a projeté en janvier 2017 à la tête du projet Europacity. Un gigantesque investissement de 3 milliards d’euros soit le plus important en France depuis Disneyland Paris, en 1992. Un projet sévèrement critiqué aussi depuis plusieurs années par les altermondialistes, qui lui reprochent son gigantisme et ses conséquences sur l’environnement. Mais les engagements pris par les promoteurs (Immochan, devenu depuis Ceetrus, et le chinois Wanda) en matière d’écologie ont pourtant suffi en juillet dernier à rassurer le commissaire-enquêteur qui a déclaré un avis favorable à ce projet d’aménagement du territoire. Un avis suivi par l’État, puisque le préfet a déclaré le 20 décembre que cet aménagement du Triangle de Gonesse était d’« utilité publique ».

Le projet d’Europacity ? Aménager sur 80 hectares un espace qui soit à la fois un lieu de consommation, de divertissement et de culture, qui mêlerait magasins, musées, piscines, hôtels… C’est donc un peu plus qu’un simple projet immobilier, puisque l’objectif des promoteurs est de réaliser ce qui n’existe nulle part ailleurs en Europe, aux États-Unis ou dans les pays du Golfe. Or, pour être vraiment novateur, et proposer les meilleurs dispositifs en matière culturelle, en matière de consommation ou de parc d’attractions, le projet Europacity est foncièrement un projet dynamique, en constante évolution. Un projet qui a d’ailleurs changé de nombreuses fois, notamment en septembre 2017 en suivant les recommandations des populations locales interrogées.

Le CEO d’Europacity multiplie les rencontres et les échanges avec des acteurs très différents les uns des autres. Une situation qui semble convenir à Benoit Chang : « Nous sommes une plateforme et le seul fait de favoriser les échanges entre des acteurs d’origines et d’horizons différents est d’une incroyable fertilité. À l’heure où le digital a complètement décloisonné les univers, faire se rencontrer un musée, un commerçant, des artisans, une coopérative agricole, un studio de cinéma, des éditeurs de jeux vidéo créée un monde du possible fascinant ».

Un projet soutenu par la puissance publique pour ses retombées économiques et ses créations d’emplois très attendues : « Le Nord-est francilien est un territoire à la fois si près de Paris et si loin. On voit Paris et son horizon depuis le Triangle de Gonesse et en même temps on y est partout si éloigné en termes de développement économique, d’offre culturelle, d’infrastructures de sports, de loisirs et d’opportunités » souligne Benoît Chang. Près de 10 000 emplois directs sont attendus. De quoi contribuer à redonner une vie économique à l’est du Val d’Oise et l’ouest de la Seine–Saint-Denis, deux territoires dans lesquels le taux de chômage avoisine les 20 % (et même 36 % pour les 15-24 ans). Une dimension économique, touristique, mais aussi sociale, qui rend le projet Europacity particulièrement hybride.

Europacity devrait voir le jour dans le sillon du Grand Paris, à l’horizon 2027. Un défi de taille pour Benoît Chang et ses équipes.

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