Plus stable et plus sûre, l’Égypte séduit de nouveau les touristes

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Effrayés par la recrudescence de la violence et les attentats, les touristes internationaux avaient fui l’Égypte au lendemain de la révolution de 2011. Mais depuis le début de la présidence d’Abdel Fattah al-Sissi, le retour de la stabilité et de la sécurité a significativement augmenté le flux de visiteurs.

Le pays des pharaons fait à nouveau rêver. Après un bond de 53,7 % en 2017 par rapport à 2016 (à 8,3 millions de personnes), le nombre de touristes accueillis en Égypte a progressé de 37 % en 2018 (à 11,35 millions de visiteurs). Une excellente nouvelle pour ce pays dont le tourisme constitue l’une des principales sources de revenus.

Selon la Banque centrale égyptienne, citée par le site Al-Monitor, les recettes du secteur touristique ont augmenté de 45,7 % au cours des trois premiers mois de l’année fiscale en cours par rapport à la même période de l’année précédente. Elles se sont élevées à 3,93 milliards de dollars de juillet à septembre 2018, contre 2,7 milliards de dollars pour la même période un an plus tôt.

Mais le pays du président Sissi ne compte pas s’arrêter là. Ambitieux, il espère accueillir 12 millions de visiteurs en 2019 et dépasser les 14 millions en 2020. S’il réussit son pari, le pays aura retrouvé son niveau d’avant la révolution et sa position de leader sur le continent africain (actuellement occupée par le Maroc et ses 12 millions de touristes en 2018).

Pourra-t-il y arriver ? Le gouvernement, en tout cas, ne ménage pas ses efforts. Le 25 janvier, le pays a ouvert un nouvel aéroport international près des pyramides de Gizeh et du Grand musée égyptien, projet archéologique placé sous le patronage de l’UNESCO dont le coût est estimé à 550 millions de dollars. Il devrait ouvrir ses portes en 2020.

Les Européens de retour

Une sécurité renforcée, une meilleure compétitivité rendue possible grâce à la forte dépréciation de la livre égyptienne, une offre touristique diversifiée, le retour des tours opérateurs et la reprise des vols en provenance du Royaume-Uni et de la Russie devraient faire le reste.

La reprise des liaisons aériennes directes entre Moscou et Le Caire permet en effet d’espérer un retour des touristes russes, dont le rapatriement reste l’un des moments les plus difficiles traversés par l’industrie touristique égyptienne. Après le crash d’un Airbus A321 dans le Sinaï, le 31 octobre 2015, la Russie avait dépêché 44 avions pour rapatrier en urgence ses touristes. Un geste aussitôt imité par le Royaume-Uni, qui avait procédé au rapatriement de milliers de ses ressortissants depuis Charm el-Cheikh.

Preuve que la situation est en train de s’améliorer, les touristes en provenance des pays européens sont passés de 2,6 millions en 2016 à 4,7 millions à la fin de 2017. Et cela devrait continuer. A l’occasion de la Bourse internationale du tourisme (ITB) de Berlin, qui s’est déroulée du 6 au 10 mars derniers, la ministre égyptienne du Tourisme, Rania Al-Mashat, a présenté la nouvelle stratégie de promotion de son pays, basée sur le « Branding by Destination ». « Cette stratégie consiste à ce que chaque destination touristique possède sa marque déposée, sa propre campagne de promotion, pour mettre en lumière ses atouts spécifiques ainsi que les services qui y sont offerts », a précisé la ministre tout en soulignant que l’Égypte est devenue « la première destination touristique pour les touristes allemands. Leur fréquentation a progressé de presque 95 % » au cours des trois dernières années.

La demande est également repartie à la hausse côté hexagonal. D’après les chiffres du Quotidien du tourisme, pas moins de 140 000 Français ont visité l’Égypte en 2017, soit une progression de 146 % par rapport à l’année précédente. La destination est ainsi « revenue dans le top 10 des ventes en France », l’Égypte étant « programmée par un nombre croissant de tour-opérateurs ». Un retour en grâce qui n’a rien d’étonnant, puisque les relations entre la France et l’Égypte sont « longues, anciennes et vraiment diversifiées », comme le rappelait récemment Ehab Badawy, ambassadeur d’Égypte à Paris.

L’Asie, marché porteur

Mais l’Égypte dispose encore d’une belle carte à jouer. Il s’agit du tourisme en provenance de l’Asie de l’Est et du Sud-Est, en particulier du Japon, de la Chine et du Vietnam. Alors que les Asiatiques se classent déjà au troisième rang des visiteurs étrangers en Égypte en 2018, le ministère du Tourisme a lancé une mesure d’incitation pour neuf destinations entre novembre 2018 et avril 2020. Selon Al-Monitor, les autorités égyptiennes pourraient verser aux compagnies aériennes un montant fixe de plusieurs milliers de dollars pour chaque vol qui atteindra 65 % d’occupation à destination de Louxor, Assouan, Abou Simbel, Marsa Matruh, Taba et Alamein. L’objectif ? Multiplier les vols hebdomadaires, principalement entre l’Égypte et l’Asie. De nombreux experts sont en effet persuadés que le nombre de touristes asiatiques pourrait augmenter considérablement à condition de développer les vols directs.

Quoi qu’il en soit, le pays aura bientôt l’occasion de montrer ses atouts. La Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) 2019, doit s’y jouer du 15 juin au 13 juillet. Or, le pays a promis de présenter « le meilleur tournoi de tous les temps en matière d’organisation, d’hébergement et d’hospitalité ». La cérémonie d’ouverture, qui se déroulera à côté des pyramides, devrait à elle seule rappeler « la profonde influence de l’Égypte dans l’histoire et la civilisation humaine ». Un joli coup de projecteur sur le pays, qui devrait encore améliorer son image à l’international et attirer de nouveaux flux de visiteurs dans les années à venir.

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