Le pari touristique de la Côte d’Ivoire

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Le gouvernement ivoirien a annoncé en février dernier un investissement de 5 milliards d’euros / 3 200 milliards de francs CFA d’ici à 2025 dans le secteur touristique. Un effort visant à hisser le pays dans le top 5 des destinations du continent afin de diversifier une économie en plein boom.

« Sublime Côte d’Ivoire »

L’an dernier, le gouvernement ivoirien a lancé un plan stratégique intitulé « Sublime Côte d’Ivoire » , visant à donner un grand coup d’accélérateur au secteur touristique. C’est dans le cadre de ce plan que, le 19 février dernier, le ministre ivoirien du Tourisme Siandou Fofana a signé un mémorandum d’entente avec le président du fonds d’investissement sud-africain Investment Fund Africa, visant à investir 5 milliards d’euros / 3 200 milliards de francs CFA en Côte d’Ivoire d’ici à 2025. Cet investissement sera composé de deux fonds opérationnels : le premier, abondé par des acteurs privés et doté de 760 millions d’euros / 500 milliards de FCFA, servira à la réalisation d’infrastructures touristiques d’envergure ; le second sera un fonds souverain de l’État ivoirien d’environ 4,5 milliards d’euros / 2 500 milliards de FCFA qui fonctionnera comme une garantie d’emprunts destinés aux grands projets touristiques et qui servira également à rénover des infrastructures vétustes ainsi qu’à moderniser certaines voies d’accès à des sites de classe internationale.

Avec ce plan ambitieux, l’État ivoirien envisage de faire de l’industrie touristique et hôtelière un pôle durable de développement du pays. Avec une capacité hôtelière à Abidjan – capitale économique et principale porte d’entrée du pays – et à Yamoussoukro estimée à plus de 3 500 chambres dans la catégorie 3 étoiles et plus et de nouveaux projets hôteliers (Sheraton, Carlton Ritz ou encore Accor) qui permettront de doubler cette capacité d’ici 2025, il s’agit également pour la Côte d’Ivoire, selon les mots du ministre Fofana, « de se positionner en tant que co-leader du tourisme d’affaires ». La Côte d’Ivoire est actuellement troisième dans ce secteur, derrière le Nigéria et le Maroc.

Le pays devra pour se faire encourager la venue de touristes étrangers, dont l’apport à l’économie ivoirienne n’est pour l’heure évalué qu’à 176 millions d’euros / 115,6 milliards de francs CFA sur les 2,3 milliards d’euros / 1 500 milliards de francs CFA de recettes du secteur en 2016. Pour ce faire, la Côte d’Ivoire pourra miser sur le huitième Salon international du tourisme d’Abidjan qui se tiendra du 27 avril au 1er mai prochains. Celui-ci sera axé sur les nouvelles technologies au service du tourisme et présentera 257 exposants représentant 25 pays africains, européens et asiatiques.

Diversifier une économie en pleine croissance 

Le plan « Sublime Côte d’Ivoire » vise à renforcer un secteur touristique qui enregistre déjà une forte croissance depuis 2014 – avec une progression moyenne de 5,4 % attendue chaque année jusqu’en 2026 – et ce après avoir été très négativement impacté par la décennie 2002-2011 de crise sociopolitique et militaire. Selon le rapport publié en 2018 par Jumia Travel, 3,475 millions de visiteurs ont été enregistrés en Côte d’Ivoire en 2017, soit 12,7 % de plus qu’en 2016. Le ministère en attend de 4,2 à 5 millions avant la fin de son plan stratégique.

Cette croissance sectorielle suit la courbe de l’impressionnante croissance économique ivoirienne qui, en atteignant 7,4% en 2018 (d’après le rapport annuel de la Banque mondiale paru le mois dernier) est l’une des plus rapides du monde, et en pôle position d’une région – l’Afrique de l’Ouest – où la croissance n’a pas dépassé 2,5%. Néanmoins, la croissance de ce pays de 24 millions d’habitants a connu un léger ralentissement par rapport à 2017 (7,7%) ayant pour cause un essoufflement de secteurs porteurs ces dernières années comme la finance, les mines, l’énergie et les télécoms et une conjoncture défavorable pour les exportations agricoles.

L’économie ivoirienne est en effet toujours toujours très dépendante des matières premières, en particulier du café et du cacao – dont elle est le premier producteur mondial – qui représentent depuis 2012 14% au PIB et 38% des recettes d’exportation, et qui font vivre 6 millions d’Ivoiriens.

En développant le tourisme, le gouvernement ivoirien cherche donc à diversifier la structure économique d’un pays qui récolte les fruits des réformes menées depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011. Le plan « Sublime Côte d’Ivoire » devrait ainsi permettre de « créer 650 000 emplois qualifiés » d’ici à 2025, selon l’annonce officielle : des emplois non délocalisables qui bénéficieront pour beaucoup à des zones moins avantagées (hors des grands centres urbains) et qui viendront renforcer un secteur tertiaire qui représente déjà 50% du PIB ivoirien.

 

 

 

 

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