Le McDo de Saint-Barthélémy à Marseille sera sauvé

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Du nouveau dans l’affaire du McDonald’s de Saint-Barthélémy. Depuis plus d’un an, le sort de ce restaurant tient en haleine les quartiers Nord de Marseille, et au-delà. Alors que les comptes de la société d’exploitation du restaurant sont entrés dans le rouge, ses dirigeants viennent de présenter un plan de sauvetage à même d’assurer la poursuite de l’activité sous licence McDonalds, en conservant le gros des salariés.

Conserver la licence et sauver 90% des emplois : tel est l’enjeu du plan présenté vendredi dernier par la société Sodeba. Après avoir exploré la piste d’une reprise et d’un changement de licence, la société souhaite désormais poursuivre l’activité comme avant. Le projet de réorganisation prévoit le licenciement d’une partie de la Direction, en l’occurrence sept CDI, dernier recours pour que les autres emplois soient maintenus et que le McDo, devenu un symbole du quartier, reste ouvert.

Le plan présenté tient compte des équilibres d’une équation devenue de plus en plus intenable à mesure que le blocage du dossier faisait plonger les comptes déjà déficitaires du restaurant. Un diagnostic financier effectué par le cabinet d’audit indépendant Eight advisory et révélé par Economie Matin, faisait état récemment de « pertes structurelles considérables », à hauteur de 3,3 millions d’euros depuis 2009.

Parmi les facteurs explicatifs de ces difficultés, le coût anormalement élevé du personnel encadrant. L’audit réalisé par Eight advisory préconisait donc une réduction significative des charges de personnel, notamment le licenciement de l’équipe de Direction. En tout 7 personnes dans le plan présenté vendredi, alors que la Sodeba se trouve dans une situation financière plus difficile que jamais, à la limite de la cessation de paiement.

L’employeur prend la parole pour défendre son plan

Le propriétaire du restaurant, Jean-Pierre Brochiero, très discret depuis le début de l’affaire, a pris la parole vendredi à l’issue de la réunion tenue avec les délégués du personnel. Voilà quatre ans que cet entrepreneur s’est installé dans les Bouches-du-Rhône en reprenant six restaurants McDonald’s. En 2018, il a choisi de les céder à un autre franchisé, à l’exception de l’enseigne de Saint-Barthélémy, depuis au coeur de la polémique.

L’option du repreneur écartée, M. Brochiero défend désormais sa solution de continuité : « J’ai choisi une option et elle est coûteuse, pour moi et mon partenaire (McDo France). J’y mets aussi de l’argent personnel parce que je veux préserver un maximum d’emplois. Cette structure peut survivre en étant allégée ».

Accusé de vouloir la « tête » de Kamel Guemari, manager du restaurant et délégué FO en pointe dans la contestation, il se défend de toute chasse aux sorcières : « Mon objectif principal n’est pas Kamel Guemari, mais de rendre rentable le restaurant par un projet de licenciement économique avec un accompagnement qui va bien au-delà de ce qu’envisage la loi : reclassement, aide à la création d’entreprise… ».

Désormais, M. Brochiero souhaite mettre toute son énergie à faire adopter ce plan pour sauver le maximum d’emplois : « Je n’ai plus qu’un seul restaurant et mon objectif, c’est de le rendre viable » a-t-il déclaré devant la presse.

Reste encore une étape avant que les salariés soient rassurés sur leur avenir. Le plan doit désormais être validé par les autorités compétentes, en l’occurrence la DIRECCTE (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi). Sans quoi l’établissement est condamné à la fermeture. Le sort des salariés du McDo de Saint-Barthélémy est donc désormais entre les mains de cette administration réputée proche du public.

De leur côté, les délégués du personnel ont menacé de faire capoter le plan, en protestant auprès de la justice, dans la rue.

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