Europacity : le coup de Poker de l’emploi

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En annonçant le lancement de leur nouvel organisme « Europacity Compétences », les promoteurs du gigantesque projet de quartier de loisirs tentent de convaincre les sceptiques et les opposants.

Depuis plusieurs années, le triangle de Gonesse est le terrain d’une partie de poker un peu particulière. Chaque camp abat ses cartes, tente de bluffer et fait monter progressivement la mise en espérant que son adversaire finira par se coucher.

En dévoilant ce mercredi le programme « Europacity Compétences », la société Alliages et Territoires dévoile l’un de ses meilleurs atouts, la quantité et la qualité des emplois créés grâce à son projet de quartier de loisirs. Un argument qui pèse particulièrement dans une zone de l’Île-de-France où le taux de chômage est supérieur à la moyenne nationale, en particulier chez les jeunes.

Europacity devrait créer plus 3 000 emplois lors de sa mise en chantier et plus de 10 000 emplois une fois le complexe construit. Des créations de postes qui vont aussi être une opportunité pour développer la formation : en effet, le secteur touristique est confronté depuis plusieurs années à une inadéquation entre les qualifications des demandeurs d’emploi et les besoins du marché. Résultat : en France, 20 000 emplois dans le secteur du tourisme ne sont pas pourvus.

Pour éviter cet écueil et pouvoir rapidement et efficacement embaucher lorsque le projet sera finalisé, les promoteurs d’Europacity ont donc mis sur pied « Europacity Compétences » qui va sillonner la zone du Grand Roissy Le Bourget en 50 dates. Soit autant de rencontres organisées entre les populations, les entreprises locales et de nombreux partenaires d’Alliages et Territoires. L’objectif : multiplier les CDI, CDD et les contrats d’alternance dans les secteurs des services pour des jeunes qui pâtissent souvent d’un manque d’expérience professionnelle sur leur CV. Selon Europacity, près de 500 contrats sont déjà proposés.

Pour les promoteurs, c’est un pari stratégique forcément gagnant : en favorisant l’accès à l’emploi et une « montée en compétences » de leur futur bassin d’activité, ils facilitent leurs futures embauches quand le site sera sorti de terre en 2027 avec des candidats expérimentés. Une manière aussi d’améliorer leur cote de popularité auprès des populations locales.

Un atout qui pourrait définitivement faire basculer la partie, alors que celle-ci avait plutôt bien commencé pour les opposants au projet.

Europacity VS Europadutout

Réunis derrière le collectif « Europadutout », les contestataires disposaient en effet de deux arguments de poids : l’impact du complexe sur l’environnement et ses conséquences économiques. Plusieurs manifestations ont ainsi été organisées pour dénoncer la disparition des terres agricoles provoquée par l’aménagement du Triangle de Gonesse ainsi que les potentielles destructions d’emplois dans le commerce provoqué par l’apparition de nouvelles boutiques dans Europacity.

Une mobilisation qui a permis aux opposants de faire entendre leurs voix lors du débat public organisé durant l’été 2016, contraignant Alliages et Territoires à revoir sa copie. Une victoire à la Pyrrhus, puisqu’en 2017, les promoteurs rebondissaient justement sur les critiques formulées lors du débat public pour proposer un nouveau projet qui laisse cette fois-ci une large place aux procédés de protection de l’environnement : espaces verts, une ferme qui alimentera en circuits cours les hôtels, autonomie énergétique…

En janvier 2019, un sondage Odoxa révélait que 81 % des habitants du Nord-est francilien soutenaient le projet Europacity. Une adhésion venue aussi de l’impossibilité des opposants au projet à défendre une contre-proposition séduisante : le projet de pôle agroécologique intitulé CARMA, proposé par Europadutout, ne pourrait créer que quelques dizaines d’emplois. C’est peu, face aux 10 000 prévus par Europacity.

Soutenue par l’État et forte de ses arguments économiques, sociaux et environnementaux, la société Alliages et Territoires bénéficie désormais d’une « jolie main ». En face, les opposants ont désormais épuisé leurs atouts et peinent à récolter une adhésion au-delà des milieux altermondialistes. Enfin, l’annulation du PLU de Gonesse qu’ils ont obtenue en mars dernier ne retardera le début des travaux que de quelques mois. Fin de partie ?

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