SpaceFill, SFAM, Yuka.. Où sont les entrepreneurs tendances de 2019 ?

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Que ce soit dans le domaine de la santé (Damae Medical), de l’assurance (SFAM) ou de la fintech équitable (Just-Mining), l’entrepreneuriat français regorge de promesses. Voici les noms qu’il faut connaître, sous peine de rater les principales tendances et opportunités de l’année.

Anaïs Barut, présidente de Damae Medical

Elle n’avait que 21 ans lorsqu’elle a cocréé Damae Medical, une start-up spécialisée dans l’imagerie médicale pour dépister le cancer de la peau. La société a développé une technologie de diagnostic innovante, rapide et non invasive appelée Line-Field Confocal Optical Coherence Tomography (LC-OCT).

Pour Anaïs Barut, double diplômée d’HEC Paris et de la filière Innovation-Entrepreneurs de l’Institut d’optique Graduate School, c’était l’occasion de contribuer à améliorer les perspectives thérapeutiques pour 5 millions de personnes, soit le nombre de nouveaux cas de cancers cutanés découverts chaque année. « Il ne s’agit pas de se substituer à la biopsie, mais d’apporter un outil permettant de limiter en amont cette technique invasive aux cas nécessitant un examen approfondi et, en aval, de suivre plus facilement l’effet d’un traitement », explique la cofondatrice et présidente de Damae Medical.

Si la société a reçu le soutien du CNRS et de Bpifrance dès sa naissance en 2014, Anaïs Barut a reçu quant à elle le prix de la MIT Review en 2015. Elle est désormais la plus jeune lauréate de cette distinction. Ce qui lui laisse le temps d’en recevoir d’autres.

Sadri Fegaier, président de SFAM

C’est le self-made man à la française. Issu d’un milieu populaire, le jeune homme d’origine tunisienne décide d’ouvrir un magasin de téléphonie à l’issu de son BTS en commerce et assurance. C’était à la fin des années 1990. Aujourd’hui, il est à la tête de SFAM, leader européen de l’assurance pour téléphones portables. Que s’est-il passé entre temps ? « Quand on a une idée, il faut aller au bout de sa stratégie […]. Vous devez garder et imposer votre ligne de conduite. Si vous voulez créer un concept, il faut aller au bout des choses, […] rester confiant et avoir des convictions », explique celui qui est devenu milliardaire à 39 ans.

Le courtier grossiste SFAM revendique 6 millions de clients à travers l’Europe. La société, qui compte actuellement 1 600 collaborateurs, prévoit de recruter un millier de personnes en France et 400 à Barcelone. Le groupe a en effet choisi l’Espagne pour ouvrir son premier siège à l’étranger. Il espère y recruter 600 000 nouveaux clients et y accroître de 300 % son activité.

SFAM, qui prévoit également de se développer et de commercialiser ses offres au Portugal, en Italie et en Allemagne, table sur un volume d’affaires de 740 millions d’euros cette année, dont 80 millions à l’international.

Sadri Fegaier, lui, pourrait prendre l’habitude des distinctions. Il a notamment reçu le prix de l’entrepreneur de l’année dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (le siège de la SFAM se trouve à Romans-sur-Isère), organisé par EY en partenariat avec HSBC, Verlingue, Steelcase et Bpifrance.

Maxime Huzar, CEO de SpaceFill

C’est en travaillant dans l’entrepôt de l’entreprise familiale, où beaucoup de place était souvent inoccupée, que le jeune diplômé d’HEC Paris a eu l’idée de lancer SpaceFill, une plateforme permettant de réserver des espaces de stockage dans des entrepôts français. C’était en juin 2018 et l’entreprise, qui a réussi à lever 1 million d’euros en seulement quelques mois, revendique désormais un réseau de 1 500 entrepôts, soit « le plus grand » en France. Son secret : la simplicité, la fiabilité et la scalabilité. SpaceFill se présente en effet comme une solution flexible, adaptée aux besoins de ses clients et réactive.

Mais pour Maxime Huzar, il s’agissait également d’en finir avec « l’opacité » de l’entreposage logistique. « Il n’existe en effet aucun annuaire des entrepôts référençant les types de produits stockés, les ICPE ainsi que l’espace disponible », constate l’entrepreneur. Cela donne des processus lents et une tarification peu claire qui « pousse les chargeurs à sur-négocier les devis ».

La solution de SpaceFill : référencer l’espace de stockage disponible de plus de 250 entrepôts partout en France. Des données enrichies et traitées grâces à des algorithmes efficaces.

Owen Simonin, CEO de Just-Mining

Elle n’a pas tout à fait deux ans mais elle est déjà le leader français dans son domaine. Et puis elle a des convictions fortes : Just-Mining se propose en effet de rendre le minage de cryptomonnaies accessible à tous et de le faire d’une manière « “just” et honnête ».

Après avoir testé les produits qui existaient sur le marché, Owen Simonin, étudiant de l’Edhec Business School de Lille, a compris qu’ils « ne permettaient pas à un novice d’investir sereinement sur ce marché. Les contrats qui étaient proposées étaient trop risqués […] C’est à ce moment que j’ai décidé de fonder Just-Mining avec pour mission de vulgariser ces technologies et de les rendre accessibles au plus grand nombre », raconte celui que l’on surnomme « Hasheur » sur les réseaux sociaux.

BOB, la première machine Plug and Play, conçue par la société de minage, permet à l’utilisateur de miner « sans connaissance technique particulière ». Il suffit de connecter sa machine à Internet et au réseau électrique et de laisser l’intelligence artificielle de Just-Mining faire le reste.

Julie Chapon, cofondatrice de Yuka

« Savez-vous vraiment ce qu’il y a dans votre assiette ? » Les médias français pourraient avoir du mal à booster l’audimat grâce à cette question à l’avenir. L’application Yuka, que Julie Chapon a contribué à faire naître en 2016, déchiffre les étiquettes alimentaires et cosmétiques et fournit toutes les informations sur l’impact du produit sur la santé. Et c’est un succès ! L’appli compte 8 millions d’inscrits et 3,8 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. Elle scanne près de 2 millions d’unités par jour et permet donc au consommateur de savoir très exactement ce qu’il achète, ce qui est « bon » et ce « qu’il vaut mieux éviter ».

Aujourd’hui, Julie Chapon, diplômée de l’Edhec, s’occupe de la communication et de la création de contenus au sein de Yuka. Mais elle est surtout tête de liste des femmes à suivre dans la Tech en 2019, selon l’association StartHer. « Je n’avais jamais pensé à me lancer dans un projet d’entrepreneuriat, ça m’est un peu tombé dessus par hasard », raconte celle qui est pourtant devenue l’une des 10 femmes incontournables de l’année.

« Authentique », « déterminée » et « tout en douceur », selon la description du directeur de l’incubateur de l’Edhec, Jean-Michel Ledru, Julie tient à son indépendance. Elle refuse en effet de lever des fonds en capital-risque pour accélérer la croissance de Yuka.

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