Stella Mc Cartney, LVMH… les maisons sortent du bois

0

Alors que la prise de conscience des enjeux liés à l’environnement est plus prégnante que jamais, le secteur est lui aussi contraint de faire évoluer ses pratiques, avec la force de l’exemplarité. Certains créateurs, comme Stella Mc Cartney ou certains dirigeants d’entreprise, comme Bernard Arnault, patron de LVMH, se positionnent en faveur de la durabilité.

A première vue, luxe et environnement ne font pas forcément bon ménage, probablement parce que le luxe est considéré comme un achat superflu, et que du superflu au gaspillage, il n’y a qu’un pas. Par ailleurs, le luxe, secteur en pleine santé, est tiré par la hausse spectaculaire de la consommation, notamment dans les pays asiatiques, hausse qui est considérée comme une source de déséquilibres pour la planète, surtout vu d’Europe.

Ce sentiment est d’ailleurs corroboré par les chiffres : l’industrie de l’habillement, dans sa globalité, représenterait 6,7% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon un rapport publié en 2018 par Climate Works et Quantis. Le luxe représente 5 à 10% du volume des ventes, mais sa forte visibilité médiatique le met en première ligne face aux critiques et l’oblige à l’exemplarité.

LVMH et Stella McCartney en figures de proue

Les acteurs du luxe n’échappent pas à la prise de conscience qui frappe aujourd’hui l’ensemble de la planète. D’abord, parce que la plupart d’entre eux sont directement concernés par les bouleversements à l’oeuvre, dans la mesure où ils travaillent à partir de ressources naturelles. Un phénomène comme les vendanges précoces est scruté avec attention par les fabricants de spiritueux qui doivent adapter leurs façons de faire : si ces ressources vacillent, c’est tout leur business qui est menacé. Bernard Arnault ne dit pas autre chose lorsqu’il évoque, dans Investir/Le Monde des finances du 6 juillet, la nécessité de « protéger l’ensemble de ces écosystèmes rares qui fondent le succès » du groupe LVMH.

Ensuite, les acteurs du luxe peuvent se sentir personnellement concernés par telle ou telle cause écologique. C’est le cas de Stella McCartney, farouchement opposée à la fourrure, en pointe sur la question du bien-être animal. La couturière a montré qu’il était possible de continuer à créer en rompant avec certaines figures imposées.

Le luxe, possible aiguillon des transformations en cours

L’arrivée de nouveaux consommateurs plus soucieux des questions d’environnement peut être un accélérateur de transformation, à condition de mettre en cohérence cette préoccupation affichée pour la sauvegarde de la planète avec des pratiques parfois marquées par une certaine impulsivité peu soucieuse du long terme. Pas sûr, par exemple, que les plateformes numériques qui proposent à des consommateurs asiatiques de revendre leurs vêtements de seconde main à des consommateurs européens constitue un progrès, quand on considère le bilan carbone lié au transport.

C’est sans doute d’un nouveau rapport à l’objet et à la consommation que naîtront les solutions. En cela, le luxe peut être un aiguillon. Le patron de LVMH, qui dispose d’une direction de l’environnement depuis vingt-cinq ans, rappelle cette évidence : luxe et durabilité vont de pair. « Tout ce qui sort de nos maisons, écrit-il, à l’exception, peut-être, des cosmétiques, est conçu pour avoir une durée de vie longue, parfois très longue. » Un avantage certain pour contribuer à transformer les pratiques dans une civilisation du tout-jetable. Sans compter que les innovations qui naissent au sein des maisons – en matière de matériaux et de circuits commerciaux – peuvent ensuite irriguer toute l’économie du  textile.

Alors bien sûr, on pourra crier à la récupération, au greenwashing. Mais les acteurs du luxe sont parmi les plus sensibles aux mouvements de société, lesquels ont tendance à se diffuser à partir des consommateurs les plus aisés, qui constituent leur clientèle principale. L’émergence de la sensibilité à la cause animale les a déjà poussés à revoir certaines pratiques (moins de fourrure, moins de foie gras, diminution drastique des tests sur les animaux…).

Les dirigeants du secteur sont bien conscients d’une chose : leurs déclarations ont intérêt à se concrétiser dans les faits, s’ils ne veulent pas voir leur clientèle les boycotter.

 

Partager.

Répondre

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Planete Business