Sénégal, l’autre miracle ouest-africain

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Bien que la croissance y soit deux fois plus élevée que sur l’ensemble du continent, le Sénégal n’en est qu’au début d’un véritable miracle économique. Le pays de Macky Sall devrait bientôt devenir l’un des principaux producteurs d’hydrocarbures au monde.

La Banque africaine de développement (BAD) ne cache pas son optimisme. Avec un taux de croissance du PIB de 3,5 % en 2018, « la situation du continent africain est bonne ». Et devrait d’ailleurs s’améliorer. L’institution financière table sur une croissance de 4 % en 2019 et de 4,1 % en 2020.

Mais que dire donc de la situation sénégalaise ? Supérieure à 6 % depuis 2015, la croissance de la quatrième économie d’Afrique de l’Ouest s’établit à 6,8 % en 2018, selon les chiffres de la Banque mondiale (BM). La BAD insiste quant à elle sur la croissance du PIB réel sénégalais, qui « reste forte, à 7 % ». Les deux institutions s’accordent en tout cas à dire que la tendance positive devrait se poursuivre en 2019 et 2020, grâce notamment aux investissements publics prévus par le gouvernement de Macky Sall.

Ces performances ont permis de réduire de 4 à 7 points le taux de pauvreté sénégalais, que la BM estimait à 47 % en 2011. Elles ont également permis de créer de nombreux emplois. D’après les chiffres de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), l’emploi salarié du secteur moderne a enregistré une hausse de 1,6 % en mai 2019 par rapport au mois précédent. Sur un an, l’emploi salarié du secteur moderne a progressé de 7,1 %, grâce notamment aux bons résultats des secteurs secondaire (+ 6,9 %) et tertiaire (+ 7,3 %).

Exportations en hausse

L’agence sénégalaise estime à 2,8 % le taux de croissance de l’activité économique interne (hors agriculture et sylviculture) au mois de mai 2019, porté par le secondaire (+ 6,7 %) et l’administration publique (+ 4 %). En glissement annuel, ajoute l’agence, la croissance de l’activité économique hors agriculture et sylviculture est de 5,6 %, résultat de la bonne évolution des secteurs primaire (+ 7,9 %), secondaire (+ 7 %), tertiaire (+ 2 %) et de l’administration publique (+ 11 %).

La hausse des exportations est l’un des phénomènes économiques les plus remarquables. La DPEE les évalue à 191,3 milliards au mois de mai 2019 contre 157,9 milliards au mois précédent, soit une progression de 21,2 % (+ 33,5 milliards). Les produits pétroliers (+ 9,6 milliards), l’or non monétaire (+ 8,1 milliards), les engrais minéraux et chimiques (+ 7,3 milliards), les produits alimentaires (+ 1,3 milliard) le titane (+ 1,2 milliard) et le ciment (+ 0,6 milliard) sont à l’origine de ces bons chiffres. Et la tendance à la hausse se confirme en 2019. Sur les cinq premiers mois de l’année, les exportations de biens se sont confortées de 79,5 % (+ 400,6 milliards) par rapport à la même période en 2018.

Enfin, au premier trimestre 2019, la croissance économique du Sénégal est en hausse de 5,7 % par rapport au dernier trimestre 2018. Conclusion : depuis plusieurs mois, tous les voyants de l’économie sénégalaise sont au vert, que ce soit le secteur privé ou le secteur public, dans l’agriculture, l’industrie et les services. Une dynamique qui pourrait s’accélérer dans les prochaines années.

Le plus spectaculaire reste à venir

Car ces bons résultats pourraient n’être que le début d’un véritable miracle économique. Alors que le pays n’est pour l’instant pas un grand producteur d’hydrocarbures, les réserves de pétrole offshore et les gisements de gaz découverts ces dernières années pourraient faire entrer le pays dans le club des principaux producteurs du monde.

Sur les trente années qui suivront le démarrage de la production de pétrole (en 2021), le Sénégal devrait encaisser 16 800 milliards de francs CFA (environ 26 milliards d’euros). Bonne nouvelle : les autorités sénégalaises sont conscientes du risque économique que cela représente pour le pays. En effet, un code pétrolier garantissant la redistribution juste de la manne pétrolière devrait voir le jour prochainement. « Ma volonté, non pas par la parole, mais par des actes déjà posés et d’autres à venir, est de mettre notre pays à l’abri des convulsions symptomatiques de l’exploitation du pétrole et du gaz dans certains pays développés ou en développement », a déclaré le chef de l’État, Macky Sall, dans le cadre d’un atelier sur la mise en œuvre de la loi sur le contenu local dans le secteur des hydrocarbures.

Enfin, l’agriculture, qui occupe 60 % de la population active au Sénégal et compte pour près de 17 % du PIB du pays, devrait continuer à jouer un rôle central dans l’économie sénégalaise. Comme le souligne la Banque mondiale, si le pays est définitivement sorti du cycle de croissance faible et de progrès insuffisants en matière de réduction de la pauvreté, il devra « coordonner tous ses leviers économiques pour qu’ils progressent au même rythme et dans la même direction ». Le plus spectaculaire du miracle économique sénégalais reste peut-être à venir.

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