La Côte d’Ivoire, le bon élève de l’économie mondiale… pour l’instant

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Alors que les Ivoiriens sont appelés à élire leur président en octobre prochain, l’année qui s’ouvre sera sans aucun doute cruciale pour l’avenir du pays. Un pays qui, depuis les dramatiques évènements de 2010, s’est progressivement rebâti sur ses fondations, en s’imposant grâce aux réformes engagées par Alassane Ouattara comme l’une des économies les plus performantes au monde. 

En Côte d’Ivoire, l’année 2020 rimera-t-elle avec sérénité ou sera-t-elle, au contraire, synonyme de nouvelles tensions fratricides ? Alors que se tiendra en octobre prochain l’élection présidentielle, les semaines et mois à venir s’annoncent, en effet, décisifs pour ce pays francophone d’Afrique de l’Ouest. Dix ans, précisément, se sont écoulés depuis la terrible crise post-électorale qui déchira la Côte d’Ivoire et entraîna la mort de plus de 3 000 personnes. L’élection à venir aura donc valeur de test grandeur nature pour le pays, qui fait figure de locomotive économique et de pôle de stabilité politique dans la région. Comme il est de tradition en fin d’année, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a présenté le 31 décembre ses vœux à ses compatriotes, leur promettant « une année électorale paisible » et appelant « tous les acteurs de la vie politique ivoirienne à faire preuve de responsabilité en préservant la paix ».

Une manière pour le chef de l’Etat d’alerter sur le risque d’un regain de tensions, jamais tout à fait écarté dans un pays où restent ouvertes les plaies des conflits de la décennie précédente. « Aucune tentative de déstabilisation ne pourra prospérer », a encore averti Alassane Ouattara lors de son allocution télévisée, dans une référence implicite aux déclarations, parfois martiales, de certains candidats déclarés au prochain scrutin. Le président ivoirien, élu en 2010 et réélu en 2015, laisse par ailleurs planer un certain flou quant à ses propres ambitions : si la Constitution lui interdit, pour l’heure, de briguer un troisième mandat, Ouattara a laissé entendre en début d’année qu’il pourrait modifier la loi fondamentale ivoirienne afin de la rendre, selon ses propres termes, « plus cohérente », tout en précisant qu’il ne s’agirait pas là « d’une manœuvre pour écarter qui que ce soit » des futures échéances électorales.

La Côte d’Ivoire, le – très – bon élève de l’Afrique

S’il venait à se présenter à sa propre succession, Alassane Ouattara pourrait en tout état de cause s’appuyer sur un bilan pour le moins satisfaisant. Depuis l’accession au pouvoir de celui qui fut, avant sa vie politique, économiste de renom, la Côte d’Ivoire semble, en effet, avoir remisé ses anciennes querelles intestines, tout en affichant une insolente bonne santé économique. Depuis la crise post-électorale de 2010, le pays a retrouvé le chemin de la croissance – qui flirte avec les 8% annuels – et de la paix sociale, et ce à coup de réformes de fond et de long terme. De nombreux investissements ont enfin été effectués, notamment dans le domaine des infrastructures, afin de faciliter le développement du secteur privé. Des efforts soutenus et reconnus par les instances internationales, à l’image de Banque mondiale, qui loue « l’inflation modérée, (la) maîtrise des finances publiques grâce à des politiques budgétaires et monétaires prudentes » ainsi que des réformes visant à « améliorer le climat des affaires ».

Même son de cloche du côté de la banque britannique Standard Chartered, qui a publié en octobre dernier son Trade20 Index, un classement dévoilant aux investisseurs internationaux les « étoiles montantes du commerce mondial », représentant « des opportunités intéressantes pour les entreprises à la recherche de nouveaux partenaires ». Devançant l’Inde, Abidjan renforce ainsi, selon l’institution bancaire basée à Londres, « sa position de centre d’affaires clé pour l’Afrique de l’Ouest ». Standard Chartered met cependant en garde contre la persistance des inégalités en Côte d’Ivoire, rappelant que l’économie du pays, pour florissante qu’elle soit, demeure insuffisamment inclusive, notamment en ce qui concerne les régions les plus reculées du pays. Les réformes entreprises par Alassane Ouattara n’ont, en effet, pas encore donné tous leurs résultats, et nombreux sont les Ivoiriens – dont près de la moitié se situent en-dessous du seuil de pauvreté – à attendre leurs retombées dans leur quotidien.

L’année 2020 s’annonce donc comme une année charnière pour la Côte d’Ivoire : celle de tous les espoirs, mais aussi de tous les dangers. Reste à espérer que la période électorale et l’élection à proprement parler ne briseront pas la dynamique engagée.

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