Sacha Lazimi (Yubo) : la social discovery à la française

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S’imposer dans un écosystème aussi concurrentiel que les plateformes sociales était un pari très risqué. Pourtant, Sacha Lazimi, CEO et cofondateur de Yubo, l’un des premiers réseaux sociaux 100 % français, peut aujourd’hui se targuer de rassembler une communauté de 25 millions d’inscrits et de commencer, tout doucement, à jouer dans la cour des grands.

10 ans d’expérience dans les applications sociales

Le succès d’un entrepreneur est rarement linéaire et souvent le résultat d’expériences passées. C’est quand il était encore étudiant en mathématiques à l’Université Paris-Dauphine, que Sacha Lazimi a posé les fondements de Yubo. Tout d’abord en lançant l’application Saloon en 2012 avec Jérémie Aouate, qui deviendra l’un de ses futurs associés. Le principe était simple : des gens qui ne se connaissent pas, mais situés à proximité grâce à un système de géolocalisation, discutent ensemble de façon anonyme. Une fois en école d’ingénieur, où ils rencontrent Arthur Patora, les désormais trois associés lancent Twelve en juillet 2013. Là encore, une application sociale : faire se rencontrer des inconnus à travers le concept “un jour, une personne”. C’est finalement en 2015 que les trois fondateurs vont créer Yubo, depuis Londres, pendant une année de césure alors qu’ils étudiaient encore à CentraleSupélec et Télécom ParisTech.

Le principe repose sur la création de groupes d’amis en ligne. L’objectif de Yubo est de permettre à la jeune génération de sociabiliser en ligne, comme elle le fait dans la vie réelle. Quand vous vous connectez sur Yubo, vous pouvez rejoindre des groupes de discussion en direct regroupant une dizaine de personnes en moyenne, où les utilisateurs interagissent en vidéo, ou à travers un chat. Yubo vise avant tout la Génération Z, à savoir les jeunes nés après 1995 et prône, plutôt que les réseaux sociaux traditionnels, un modèle de social discovery. Dès sa création, Yubo a tenté de se différencier des autres plateformes sociales en capitalisant sur les échanges directs et les interactions en temps réel d’une part, et en excluant tout système de validation sociale comme les likes sur sa plateforme d’autre part.

« Nous ne voulons pas que nos utilisateurs fondent leurs relations sociales sur des modèles de performances artificiels, comme les likes, les follow ou les filtres, qui dans certains cas, peuvent entretenir un sentiment d’isolement et de solitude, voire de mal-être » expliquait Sacha Lazimi au magazine économique Entreprendre en décembre dernier.

Développement international et modèle économique

Cinq ans après la création de Yubo, le pari semble d’ores et déjà une réussite. En effet, l’application réunit plus de 25 millions de membres pour un nombre global de 10 milliards de messages écrits échangés et de 30 millions de live stream. Yubo a très rapidement rencontré un vif succès aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, mais aussi dans les pays scandinaves. Une levée de fonds de 11,2 millions d’euros, réalisée en décembre dernier, devrait permettre de confirmer la croissance du groupe et de conquérir de nouveaux pays. Sans oublier la France évidemment, berceau de l’application.

Pour Yubo, le modèle économique semble avoir été trouvé. Fondé sur le modèle d’abonnement premium et d’options payantes, Yubo permet à ses utilisateurs d’avoir accès à des fonctionnalités exclusives et, après un chiffre d’affaires de 10 millions de dollars en 2019, vise le double l’année suivante. Avec ses associés, Sacha Lazimi dirige désormais une équipe de 23 personnes, rassemblées à Paris. Belle récompense pour Sacha Lazimi et ses associés, Jérémie Aouate et Arthur Patora, ils ont été primés par le classement Forbes des « 30 under 30 » dans la catégorie technologie.

Yubo et le défi de la sécurité

Yubo est avant tout destiné à un public jeune, entre 13 et 25 ans. Les contraintes de sécurité sont, logiquement, encore plus poussées que sur les autres réseaux sociaux. Pour se faire, Yubo a misé sur le développement d’algorithmes visuels et textuels permettant de repérer en direct, toute forme de violence ou de nudité. Ces ressources techniques sont complémentaires d’une équipe de modération présente partout dans le monde et capable d’intervenir 24h sur 24.

Pour la vérification d’âge et afin d’empêcher l’accès à sa plateforme aux moins de 13 ans, Yubo a tissé un partenariat avec Yoti, permettant grâce à l’intelligence artificielle, d’identifier l’âge supposé des membres et, si besoin, d’exiger une carte d’identité en cas de doute. Un Safety Board réunit également les meilleurs experts de la sécurité des utilisateurs et de la protection de l’enfance, un « conseil de surveillance » dédié au suivi des outils de modération sur l’application.

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