Télétravail, un défi majeur pour la cybersécurité des entreprises

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Plébiscité par les Français, le télétravail tend à s’installer de manière durable au sein des entreprises. Une évolution qui expose les entreprises à des failles de cybersécurité. D’autant que la grande majorité des salariés utilisent leur propre matériel informatique, comme le révèle une étude SFAM.

Alors que la pratique du télétravail s’envole dans le contexte de crise sanitaire actuel, la question de la cybersécurité des entreprises se pose avec acuité.

Etude SFAM : 1 télétravailleur sur 2 utilise son matériel personnel

Selon une étude SFAM, seulement 24 % des Français sont équipés par leur entreprise d’un smartphone et d’un ordinateur pour télétravailler. Ainsi, la grande majorité de ceux qui travaillent à distance utilisent de fait leur propre matériel, ce qui soulève d’importants défis en matière de protection des personnes et des actifs informatiques.

Comme le souligne Xavier Duros, CTO France chez Check Point Software Technologies, 75 % des experts s’accordent à dire que l’accès à distance « constitue un risque supplémentaire dans lequel les lacunes et les menaces en matière de sécurité vont se multiplier ».

Une étude réalisée par le cabinet Censuswide pour le compte de Tanium a tiré la sonnette d’alarme. L’enquête révèle en effet que 93 % des organisations françaises ont enregistré une hausse des cyberattaques depuis le début de la pandémie du Covid-19.

Si certains travailleurs et gestionnaires s’étaient habitués au télétravail, l’écrasante majorité des dirigeants français (98 %) a été prise au dépourvu. Ils ont notamment constaté des difficultés majeures pour identifier les nouveaux appareils sur leurs réseaux (29 %), gérer la surcharge des systèmes d’information liée à la saturation des VPN (21 %) et faire face à la recrudescence des failles de sécurité due aux visioconférences (15 %).

Cybersécurité : contrôler l’accès au réseau

Les dirigeants interrogés par Tanium ont par ailleurs observé une hausse des tentatives d’escroquerie après compromissions de messagerie professionnelle ou des transactions frauduleuses (34 %), des attaques ciblant des données sensibles (31 %) et des tentatives de phishing (30 %).

Dans son enquête « Etat des ransomwares 2020 », l’éditeur de solutions de sécurité Sophos a également révélé des chiffres inquiétants. Plus de la moitié (51 %) des entreprises dans le monde ont été touchées par un ransomware au cours de l’année passée. Environ les trois quarts des attaques aboutissent au chiffrement des données. Seules 26 % des victimes dont les données ont été chiffrées les ont récupérées en payant une rançon. Plus de la moitié des victimes (56 %) les ont récupérées via des sauvegardes.

Le baromètre Sophos souligne que le coût moyen que représente la gestion des dommages causés par une attaque de ransomware est estimé à plus de 670 000 euros pour les entreprises qui refusent le paiement de la rançon et plus de 1,3 million pour celles qui le paient.

Dans ce contexte, des mesures telles que le déploiement de solutions antivirales de pare-feu, la gestion rigoureuse des mots de passe et la généralisation de l’authentification à facteurs multiples (MFA) s’imposent. Et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise.

« Il faut appliquer des techniques de contrôle d’accès au réseau, c’est-à-dire contrôler quelles informations sont exposées, quels utilisateurs peuvent y accéder et avec quels types d’équipement », conseille Xavier Duros. Le but étant de réduire la surface d’attaque et l’impact des problèmes liés à l’accès à distance.

Le télétravail, de plus en plus plébiscité

Problème, la pandémie semble avoir mis un coup d’arrêt à de nombreuses initiatives au sein des entreprises, qui ont dû retarder ou même annuler des projets de sécurité. Ces derniers concernaient particulièrement la gestion des identités et des accès (35 %), la gouvernance des données (32 %) et la mise en place d’antivirus et de protections anti-malware type sandbox (32 %).

Les employeurs ont pourtant tout intérêt à investir dans des solutions de cybersécurité, le télétravail étant de plus en plus plébiscité dans l’Hexagone. Selon le ministère du Travail, 61 % des Français aspiraient en effet au télétravail avant la crise sanitaire.

Et la tendance ne se dément pas. D’après l’enquête SFAM, 24 % des salariés français estiment que le télétravail leur permet d’être plus productifs. En outre, le confinement leur a permis d’apprendre à s’organiser au quotidien. Ainsi, 54 % des sondés disent s’appuyer sur des outils collaboratifs tels que Slack, Trello ou Zoom pour faciliter les échanges à distance.

Enfin, si 53 % des interrogés par SFAM considèrent que leurs équipements personnels sont assez performants pour travailler aussi bien qu’au bureau, 24 % déplorent que leur entreprise ne leur propose pas d’outils pour organiser des réunions à distance.

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