Hydroélectricité : voyage au fil de l’électricité renouvelable

Cela se sait peut-être peu, mais la France est le second pays européen en termes de production d’hydroélectricité, derrière la Norvège et ses fjords. L’hydroélectricité est même la première source d’électricité renouvelable dans notre pays, avec environ un tiers de la production.

Chacun a le droit à sa part d’hydroélectricité

Les plus de 2 500 installations hydroélectriques que compte la France permettent de produire, annuellement, de 12 à 14% de notre production totale d’électricité. Soit, en 2015, quelque 53,9 TWh. Mais l’hydroélectricité, ce n’est pas que les immenses barrages retenant des lacs. Si la loi accorde bien l’exclusivité de l’exploitation des grands aménagements à EDF, chacun a aussi le droit d’exploiter une petite centrale hydroélectrique pour produire sa propre alimentation en électricité, ou pour la revendre. Les 2 500 « petites » centrales réparties sur les rivières françaises produisent ainsi 7 TWh par an, soit environ 10% de la production hydraulique nationale. Près des deux tiers de l’électricité générée par les petites centrales proviennent ainsi d’installations appartenant à la SNCF, à VNF (Voies navigables de France), à des industriels, des collectivités locales ou encore à des producteurs indépendants.

Prenons l’exemple du département de l’Isère. Juste après celui des Hauts-de-Seine, le territoire est en pole position des achats hydroélectriques par EDF en France. Les plus de 880 entreprises iséroises prestataires d’EDF Hydro, qui acquiert auprès d’elles 13% de ses achats nationaux, ont ainsi réalisé pas moins de 80 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Chaque année, ce sont 5 milliards de KWh qui sont produits par l’Unité de Production Alpes en Isère, soit l’équivalent de la consommation électrique de 2 millions d’habitants.

L’hydroélectricité continue son développement

L’hydroélectricité a de l’avenir, un avenir incarné par les engagements contenus dans le Grenelle de l’Environnement. La programmation pluriannuelle des investissements (PPL) en matière de production d’électricité prévoit ainsi un double objectif de développement de l’hydroélectricité à l’horizon 2020 : une augmentation de la production d’énergie de 3 TWh et une augmentation de la puissance de pointe de 3 GW.

En février 2017, La Compagnie nationale du Rhône (CNR), en partenariat avec la société iséroise Hydroquest et les Constructions mécaniques de Normandie (CMN) ont annoncé l’installation d’une ferme d’hydroliennes fluviales dans le cours du Rhône. Une première en France, et même au niveau mondial. Trente-neuf hydroliennes qui, immergées d’ici un an, utiliseront l’énergie cinétique du courant pour fournir une puissance annuelle de 6 700 MWh. De quoi couvrir les besoins en électricité de 2 700 habitants et économiser le rejet dans l’atmosphère de 2 000 tonnes de CO2 par an. « Après dix ans de recherche, cinq ans de test, nous sommes les premiers au monde à proposer une hydrolienne fiable et commercialisable », se félicite Jean-François Simon, président et fondateur d’Hydroquest.

Encore et toujours en Isère, dans le massif de Belledonne, EDF mène le plus grand chantier de construction d’un aménagement hydroélectrique de France. La centrale Romanche-Gavet devrait remplacer, à terme, pas moins de six centrales et cinq barrages de la vallée de la Romanche. Plus puissante et mieux intégrée – car souterraine – que les onze équipements existants, la centrale devrait produire, d’ici à 2020, suffisamment d’électricité pour alimenter plus de 230 000 foyers alpins. Les équipements devenus inutiles seront ensuite déconstruits pour mettre en valeur le territoire. Un chantier aussi discret que titanesque – on parle de près de dix kilomètres de tunnel –, qui ne doit pas faire oublier l’importance des retombées économiques de l’hydroélectricité en France.

Les retombées économiques de l’hydroélectricité

L’hydroélectricité, ce ne sont pas que des MWh en plus ; ce sont aussi des retombées en termes d’emplois et de recettes publiques. Si l’objectif d’augmenter la production de 3 TWH d’ici à 2020 est réalisé, ce sont quelque 2 000 emplois qui pourraient être créés. En tout, le nombre d’emplois générés par la filière hydroélectrique en France est estimé à 30 300 en 2020 et 31 200 en 2030. Quant aux recettes publiques, dont il est à rappeler que la moitié reviendrait aux collectivités territoriales, elles devraient s’élever à 1,9 milliard d’euros en 2030.

Et en Isère, ce sont 1 100 hydrauliciens d’EDF qui s’activent à produire de l’électricité : il s’agit de la plus importante communauté d’hydrauliciens en France. L’Unité de Production Alpes a ainsi embauché 192 personnes depuis quatre ans, confirmant que l’hydroélectricité est décidément une énergie d’avenir, tant en termes de production d’électricité durable que d’emplois.

Un article rédigé par Nicolas Bressant

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