Économie circulaire : un enjeu essentiel pour les entreprises et les collectivités

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Le 23 janvier dernier s’ouvrait le World Economic Forum de Davos réunissant 3 000 personnalités, dont 70 chefs d’Etat. Une occasion idéale pour dévoiler le premier rapport mondial dédié à l’économie circulaire. Pour les collectivités et les entreprises, cette démarche génératrice d’innovation revêt une importance capitale pour l’avenir de la planète.

Parfois, il y a des chiffres qui restent longtemps ancrés dans la mémoire collective. Celui dévoilé dès l’ouverture du 48ème Forum économique mondial de Davos par le think tank néerlandais Circle economy fait partie de ceux-là : seuls 9 % des 37 kg de matières premières que nous utilisons chaque jour par personne sont recyclés. Et cela ne prend pas en compte l’eau !

Une initiative mondiale

Ce constat provient du Circulary Gap Report, le premier état des lieux en la matière qui met en lumière l’importance de l’économie circulaire dans notre quotidien. Les chiffres publiés montrent à quel point les mauvaises habitudes prises par l’ensemble des acteurs de la planète ressemblent à un gaspillage géant. Chaque année, sur les 92,8 milliards de tonnes de ressources exploitées pour faire tourner l’économie mondiale, seulement 8,4 milliards proviennent d’une quelconque forme de recyclage. Pire encore : 56% des ressources mondiales ont une durée de vie limitée et ne sont jamais recyclées.

À l’heure où la majorité des États se sont lancés dans un combat acharné contre le réchauffement climatique, cela fait tâche. Les Français ne peuvent pas s’en étonner car cette tendance a déjà été entrevue le 22 janvier 2018 lors de la publication de la Stratégie nationale bas-carbone montrant que le pays avait dépassé en 2016 de 3% son objectif initial d’émissions de CO2.

Dans sa conclusion, le Circulary Gap Report souligne que la mise en place d’une économie circulaire à la fois efficace et durable aurait un impact colossal sur notre quotidien : elle permettrait en effet de réduire cette pression sur les ressources naturelles de 28%…

L’enjeu de l’économie circulaire pour les entreprises

Pour y parvenir, les entreprises, gouvernements, ONG et scientifiques n’ont d’autre choix que de participer à une coalition mondiale. Une première étape a été franchie lors de ce sommet de Davos. Partenaire du think tank néerlandais, le World Business Council For Sustainable Development (WBCSD) qui regroupe 200 grandes entreprises mondiales, dont Veolia ou EDF, ont lancé un programme baptisé Factor10. Chaque membre s’engage dès à présent à mettre en œuvre des solutions innovantes dans lesquelles les ressources seront mieux recyclées et moins gaspillées. Le texte prône également le partage et la diffusion des connaissances pour les entreprises du monde entier.

De nombreuses études ont déjà montré les multiples intérêts qu’ont les entreprises à améliorer leur efficacité matière et énergétique. Privilégier le schéma “Réparer, recycler, refabriquer, réduire” plutôt que celui consistant à “Extraire, produire et jeter” : voilà ce qu’ont déjà choisi des start-up comme UpCycle, qui récupère le marc de café dans les bars et les restaurants pour faire pousser ses champignons dans une ferme urbaine. Il y a également l’usine de compost de Lantic qui permet d’enrichir les terres d’une trentaine d’agriculteurs cultivant choux-fleurs, brocolis, pommes de terre primeur et échalotes. Certaines grandes entreprises jouent également le jeu comme Orange qui s’est engagé à introduire l’économie circulaire dans ses activités d’ici 2020. À l’étranger, un pays comme la Suède, championne du recyclage, a même un temps d’avance en intégrant une loi permettant aux consommateurs qui choisissent de réparer plutôt que de jeter de bénéficier de réductions d’impôts.

L’enjeu pour les collectivités

Du côté des collectivités, l’introduction de l’économie circulaire au sein de la société a, au minimum, quatre vertus : elle renforce l’attractivité du territoire avec l’émergence de nouvelles filières et activités locales, elle permet de créer des emplois locaux, notamment en faveur des personnes en réinsertion professionnelle, elle crée du lien social en fédérant les élus locaux et les citoyens et, enfin, elle favorise concrètement le développement durable avec la mise en place de circuits courts réduisant la consommation de CO2.

Et les initiatives ne manquent pas. A Dunkerque, la chaleur produite par les hauts-fourneaux d’Arcelor Mittal est recyclée par Dalkia, filiale de la marque ombrelle EDF Solutions Energétiques, et sert à chauffer plusieurs milliers de bâtiments, dont un centre hospitalier, des écoles et un grand nombre de logements collectifs. Du côté de Parentis-en-Born, une serre de 10 hectares cultivant des tomates grappes est totalement “propre”. Aucune énergie fossile n’étant utilisée pour sa production ! Par quel biais ? Celui de Tiru, autre filiale d’EDF qui récupère la chaleur dégagée par une usine voisine de traitement des déchets ménagers. Ainsi, les 5 000 tonnes de tomates grappes produites par an sont assurées par une énergie verte, abondante et disponible à proximité.
À l’échelle mondiale, de telles initiatives permettraient réellement de changer la face de la planète. Selon Accenture, l’économie circulaire représente un potentiel de 4 500 milliards de dollars de valeur ajoutée d’ici à 2030…

Article rédigé par Camille Pérac
© Photo : Soulcié

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