Essor des énergies renouvelables : une bonne nouvelle pour l’emploi et les territoires français

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D’après le rapport annuel de l’Irena publié en juin 2019, le photovoltaïque représente un tiers des emplois liés aux énergies vertes. Et si les énergies marines restent à la traîne, elles pourraient se développer d’ici quelques années, créant ainsi de nombreux emplois. Zoom particulier sur la France, qui mise plus que jamais sur la transition énergétique pour booster son activité.

Les énergies vertes sont une aubaine écologique… et économique. Avec 11 millions d’emplois créés dans le monde en 2018, selon le rapport annuel de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), le secteur de l’ingénierie à la construction en passant par la commercialisation d’installations, confirme sa bonne santé. Mais également les espoirs placés en lui depuis plusieurs années.

“Croissance économique pauvre en carbone”

Pour rappel, en 2017, les énergies renouvelables avaient généré quelque 10,3 millions d’emplois. Une légère progression, en un exercice, qui s’explique très simplement, selon Francesco La Camera, directeur général de l’Irena. « Les gouvernements ont aujourd’hui une vision qui déborde les objectifs climatiques ; ils s’intéressent aux énergies renouvelables car la transition vers ces dernières ouvre la porte à une croissance économique pauvre en carbone et peut créer des emplois en masse », indique-t-il.

Parmi les trois énergies renouvelables les plus connues, le solaire photovoltaïque fait office de véritable moteur à l’échelle mondiale ; le secteur, qui représente un tiers des emplois liés aux énergies vertes, a cru en Inde, en Asie du Sud-Est et au Brésil. L’hydraulique a quant à lui stagné, mais il emploie tout de même plus de 2 millions de personnes dans le monde, et dispose des capacités installées les plus importantes de toutes les sources d’énergie renouvelable.

L’éolien, enfin, enregistre la croissance la plus « faible », en termes de création d’emplois (1,2 million). En revanche, note le rapport de l’Irena, tandis que les installations terrestres sont pour l’instant majoritaires, l’éolien en mer s’apprête à décoller et pourrait être, par conséquent, un gros pourvoyeur d’emplois d’ici quelques années. Grâce notamment aux infrastructures et à l’expertise acquise dans le secteur du pétrole et du gaz offshore, selon l’Agence.

“Ces grands projets créent des emplois”

La France, qui dispose du 2ème espace maritime mondial (11 millions de kilomètres carrés), mise évidemment sur les énergies marines renouvelables (hydrolienne, marémotrice, éolienne, etc.), encore balbutiantes mais prometteuses, pour booster son économie verte. Et, surtout, la création d’emplois au niveau local. D’après le rapport annuel de l’Observatoire des énergies marines renouvelables, publié quelques jours avant celui de l’Irena, une centaine d’emplois ont d’ailleurs été créés, entre 2017 et 2018, au sein d’une filière qui en comptabilise pour l’instant 2 085.

En Normandie (81), « les créations de postes sont liées à l’avancée de trois projets de parcs en éolien posé, parmi les premiers parcs commerciaux offshore en France, explique le site Emploi-environnement.com. La mise en service de ces parcs approche à grands pas », d’ailleurs, puisque le parc éolien de Dieppe-le-Tréport (62 éoliennes) sera opérationnel en 2021, normalement. Quant à ceux de Courseulles-sur-mer (75 éoliennes) et de Fécamp (83 éoliennes), leur mise en service doit avoir lieu en 2022.

« Ces grands projets créent des emplois chez les développeurs de la région et chez les fabricants », ajoute le média, citant en exemple l’usine de pales d’éoliennes destinées aux parcs offshore LM Wind Power de Cherbourg, construite en 2018, qui emploie actuellement 120 personnes. Et prévoit d’en embaucher « au moins autant » d’ici la fin de l’année 2019. Une bonne nouvelle, pour la filière éolienne tricolore globale, qui compte aujourd’hui plus de 18 000 personnes dans près de 700 entreprises ; des emplois (non délocalisables) industriels, pour la moitié d’entre eux, liés à la fabrication des composants et à l’assemblage des éoliennes.

En parallèle des créations d’emploi, le développement de l’éolien est aussi synonyme de retombées économiques pour les collectivités au sein desquelles ils sont implantés. A titre d’exemple, un parc de 4 éoliennes (12MW) génère annuellement plus de 130 000 € de retombées fiscales pour les collectivités. A l’échelle nationale, c’est près de 100 millions d’euros de recettes fiscales qui sont reversées chaque année aux collectivités.

Programmation pluriannuelle de l’énergie

Autre bonne nouvelle : le Conseil d’Etat (la plus haute juridiction administrative française) vient de valider l’autorisation d’exploitation du projet de parc éolien en mer de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), qui devrait mobiliser plus de 1 000 emplois dans la région. Tandis qu’ « une centaine d’emplois locaux pérennes seront mobilisés pour assurer l’exploitation-maintenance du parc éolien » lors de la phase d’exploitation, renseigne EDF Renouvelables, filiale du groupe EDF, qui compte doubler ses capacités renouvelables installées dans le monde d’ici 2030.

L’électricien tricolore mise d’ailleurs également sur la construction du parc éolien terrestre de Blayais (Gironde) pour booster l’activité liée aux énergies renouvelables. Durant 12 à 18 mois, ce sont ainsi pas moins de 200 personnes qui seraient employées dans la région – des retombées économiques pour les entreprises chiffrées à 25 millions d’euros par le groupe –, tandis qu’à l’issue du chantier, « une dizaine de techniciens spécialisés seraient employés dans le centre de maintenance créé par EDF Renouvelables à proximité du parc ». Ceci pour toute la durée d’exploitation.

Pour rappel, la France s’est fixée des objectifs importants, en matière de développement de l’éolien, puisque les capacités installés devront atteindre 29 gigawatts (GW) en 2023 (terrestre et maritime confondus). De quoi créer de nombreux emplois, dans le développement de projets et d’études, par exemple, ou encore l’exploitation et la maintenance – qui emploient respectivement 4 700 et 3 800 personnes aujourd’hui. S’agissant des énergies renouvelables dans leur ensemble, l’Hexagone entend d’ailleurs doubler leur capacité de production (74 GW en 2023, soit + 50 % par rapport à 2017), selon le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Qui chiffre les créations d’emplois, d’ici 4 ans, à 246 000.

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