Google refuse de payer les éditeurs en France

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L’annonce met à mal les espoirs des éditeurs d’obtenir plus d’argent de la part de Google après la réforme du droit d’auteur en ligne mise en place par Bruxelles.

Google ne paiera pas les éditeurs de presse en France pour afficher leur contenu et changera la façon dont les articles apparaissent dans les résultats de recherche, a annoncé cette semaine un haut responsable de l’entreprise.

Cette annonce porte un nouveau coup aux espoirs des éditeurs d’obtenir plus d’argent du géant de la technologie pour afficher leur contenu dans le cadre du nouveau régime du droit d’auteur de l’Union européenne, que la France a été le premier à transposer à son droit national.

“Nous n’acceptons les paiements de quiconque qui soient inclus dans les résultats de recherche. Nous vendons des annonces et non des résultats de recherche. Toutes les annonces publiées sur Google sont clairement signalées. C’est pourquoi nous ne payons pas les éditeurs lorsque les internautes cliquent sur leurs liens dans les résultats de recherche”, a déclaré Richard Gingras, vice-président chargé de l’information de Google, dans un billet de blog.

La France est à ce jour le seul pays à avoir transposé le nouveau droit de la réforme du droit d’auteur de l’Union européenne pour les éditeurs de presse dans une loi nationale, qui entrera en vigueur en octobre. L’article 15 de la directive de l’UE sur le droit d’auteur, anciennement appelé article 11, autorise la presse à demander de l’argent à des plateformes telles que Google et Facebook lors de l’affichage de leur contenu en ligne.

C’est le résultat de nombreuses années de lobbying de la part des plus grandes maisons d’édition bruxelloises d’Europe, qui avaient réclamé ce nouveau droit voisin pour les aider à acquérir un pouvoir de négociation contre les géants de la technologie et redistribuer les revenus publicitaires de Google et Facebook aux médias.

Selon des estimations de certains éditeurs de presse en France, la perte de revenus de leur secteur imputable à la puissance de Google et de Facebook sur le marché de la publicité en ligne oscille entre 250 et 320 millions d’euros par an.

Pour appliquer les nouvelles règles du droit d’auteur en France, Google va plutôt modifier la façon dont les résultats des actualités apparaissent sur son moteur de recherche en supprimant les extraits, ou de courts extraits de l’article.

“Lorsque la loi française entrera en vigueur, nous ne montrerons pas de contenu de prévisualisation en France pour une publication d’actualités européenne à moins que l’éditeur ait pris des mesures pour nous dire que c’est ce qu’il veut”, a déclaré le géant de la technologie.

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