Total hésite à rejoindre le projet paneuropéen sur les batteries pour véhicules électriques

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Patrick Pouyanné se demande si les produits européens peuvent être compétitifs en Asie.

Le géant français de l’énergie, Total, n’est pas encore prêt à participer au projet paneuropéen autour des batteries pour véhicules électriques, a déclaré le directeur général de la société dans un entretien au média Nikkei Asian Review.

La décision du directeur général Patrick Pouyanné pourrait avoir un impact sur le projet, qui devait vraisemblablement voir le jour dans les usines d’une filiale de Total dans le cadre d’une production pilote sur un marché de plus en plus dominé par des sociétés asiatiques, notamment chinoises.

Patrick Pouyanné a ainsi déclaré : “Pour le moment, nous y réfléchissons avec d’autres fabricants. Les décisions ne sont pas encore prises.” Son interview a eu lieu lors de la World Policy Conference, organisée du 12 au 14 octobre derniers au Maroc.

En 2017, la Commission européenne a lancé une initiative visant à développer ses propres batteries de véhicules électriques en réunissant les technologies des entreprises européennes. L’UE, dirigée par la France et l’Allemagne, prévoit de démarrer la production en France en 2022 et en Allemagne en 2024. Le projet devrait coûter 6 milliards d’euros, dont environ 1,2 milliard d’euros en subventions gouvernementales. Inspirée par le succès de la multinationale aérospatiale Airbus, l’UE a surnommé ce projet «Airbus des batteries».

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a annoncé en septembre que l’UE envisageait d’installer une usine pilote dans la région Nouvelle-Aquitaine, dans le sud-ouest de la France, d’ici la fin de l’année. La France devait utiliser les usines de Saft, filiale de fabrication de batteries détenue à 100% par Total. La prudence de Total pourrait obliger l’UE à repenser le projet.

Le marché des batteries automobiles, qui croît d’environ 9% par an, est dominé par une poignée de sociétés asiatiques. En 2017, le marché était dominé par le chinois CATL (16%), le japonais Panasonic (15%), le chinois BYD (10%) et le sud-coréen LG Chem (7%), selon Techno Systems Research, basée à Tokyo.

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