La France veut consacrer 30 milliards d’euros à la décarbonisation de son économie

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La France veut consacrer 30 milliards d’euros à la décarbonisation de son économie, accélérant ainsi son objectif de devenir le premier grand pays d’Europe à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Cet argent fait partie du plan de relance “France Relance”, conçu pour faire face aux retombées économiques de la pandémie COVID-19.

L’ensemble du plan d’investissement s’élève à 100 milliards d’euros, soit l’équivalent d’un tiers du budget annuel de l’État.

Sur ce montant, un peu plus de 40 milliards d’euros seront fournis par l’Union européenne, dans le cadre de la “facilité de relance et de résilience” de l’Union, afin de soutenir les entreprises, de repenser les modèles de production, de transformer les infrastructures et d’investir dans la formation.

Pour avoir accès à cet argent, les États membres doivent consacrer au moins 37 % de leurs dépenses à des investissements et des réformes en faveur des objectifs climatiques et 20 % à la transition numérique.

Afin de démontrer son engagement envers ces objectifs, la France est allée bien au-delà, avec environ 50 % de ces fonds destinés à l’environnement et 25 % à l’économie numérique.

Cela signifie qu’environ 20 milliards d’euros provenant du mécanisme de relance et de résilience de l’UE seront utilisés pour les objectifs climatiques, le gouvernement complétant ce montant de 10 milliards d’euros pour atteindre son engagement de 30 milliards d’euros.

Paris entend concentrer son action climatique sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, notamment en soutenant les rénovations thermiques des bâtiments, ainsi que sur la décarbonisation de l’industrie, l’hydrogène vert, les transports plus propres et la transformation du secteur agricole.

Grégory Claeys, chercheur à l’Institut Bruegel indique qu’en matière de transport, le gouvernement français souhaite améliorer significativement la qualité du réseau ferroviaire.

“Paris, par exemple, met beaucoup l’accent sur les chemins de fer, alors qu’en Allemagne, par exemple, on parle davantage de véhicules électriques, de voitures électriques, ce qui correspond davantage à l’industrie allemande. Bien sûr, Paris est plus axé sur les chemins de fer, et nous savons l’importance des chemins de fer et du TGV en France. Donc, c’est quelque chose sur lequel ils insistent”, a déclaré M. Claeys à Euronews.

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Reconvertir la main-d’œuvre

Le chercheur a ajouté que le plan de la France se distingue de celui de ses voisins, car le gouvernement met vraiment l’accent sur la reconversion de la main-d’œuvre du pays.

“C’est vraiment unique dans le plan français. Je n’ai rien vu de tel dans d’autres propositions, visant la formation et cela me semble utile parce que si on veut mettre en place une transition verte, une transition numérique, il y a une grande partie de formation et aussi de changements de métiers qui vont se faire avec cette transition verte notamment.”

Dans le cadre de ses plans, Paris va investir 36 milliards d’euros dans la reconversion des travailleurs, afin qu’ils soient mieux préparés à une économie 2030 qui sera considérablement plus verte et plus tournée vers le numérique.

Pour éviter de creuser les inégalités, le plan de relance est conçu de manière à mieux accompagner les jeunes et les personnes vulnérables à la recherche d’un emploi dans tout le pays.

Il s’agit en partie de former les jeunes dans des secteurs stratégiques à forte croissance pour faire face à l’augmentation attendue des jeunes demandeurs d’emploi.

La stratégie prévoit également des réformes structurelles à l’échelle nationale.

Mais ces plans ne marquent pas une rupture totale avec le passé, mais plutôt la poursuite des engagements du gouvernement français, notamment la refonte de l’assurance chômage, dont la mise en œuvre a été suspendue en raison de la pandémie.

Une année électorale en perspective

L’énorme plan d’investissement de 100 milliards d’euros intervient cependant un an avant l’élection présidentielle de 2022, que M. Claeys décrit comme étant, en partie, une “feuille de route électorale” destinée à la candidature à la réélection du président Macron.

“La proposition est aussi un plan de communication pour les Français afin de montrer qu’au niveau européen, la France fait quelque peu bouger les lignes et nous savons que c’était l’un des principaux éléments du programme d’Emmanuel Macron lors des dernières élections présidentielles et ce sera certainement l’un des éléments qu’il voudra mettre en avant lors des prochaines élections présidentielles”, a déclaré Claeys à Euronews.

Toutefois, Emmanuel Macron ne pourra pas récolter tous les fruits de ce plan pendant sa campagne. Si les premiers versements sont attendus dans les mois à venir, la majorité des fonds européens devraient être versés à partir de 2023.

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