La France demande une réduction d’urgence des exportations d’électricité vers le Royaume-Uni alors que la crise énergétique s’aggrave

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Le gestionnaire du réseau électrique français a demandé l’aide d’urgence de la Grande-Bretagne alors que la vague de froid a fait grimper la demande dans toute l’Europe.

RTE a demandé au gestionnaire britannique National Grid s’il pouvait réduire de moitié ses exportations prévues par l’un de ses interconnecteurs vers le Royaume-Uni entre 8 et 9 heures ce matin, alors qu’il doit faire face à une hausse de la demande.

La combinaison du temps froid, des grèves parmi les travailleurs de l’énergie nucléaire et des retards dans la maintenance de son parc de réacteurs est à l’origine de cette demande.

Phil Hewitt, un directeur chez EnAppSys, a déclaré : “Le marché français était particulièrement sous tension aujourd’hui.

“Il a toujours été en difficulté en raison de la réduction du parc de réacteurs nucléaires, de la température basse et d’un pic de demande important combiné à un vent faible.”

Cette décision intervient alors que le National Grid Electricity System Operator a mis à l’arrêt deux centrales à charbon Drax dans le North Yorkshire, qui avaient reçu l’ordre de se réchauffer en cas de poussée de la demande d’énergie lors de la vague de froid qui frappe la Grande-Bretagne.

Entre-temps, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prévenu que l’Union européenne pourrait être confrontée à une pénurie de gaz l’année prochaine si la Russie réduit encore ses approvisionnements.

Le risque de coupure d’électricité en janvier a augmenté

« La réduction des prévisions de production d’énergie nucléaire en France signifie que le risque de coupure d’électricité en janvier est plus élevé que prévu », déclare RTE dans un rapport publié il y a quelques semaines.

La disponibilité de l’énergie nucléaire devrait être d’environ 40 gigawatts (GW) d’ici le début de 2023, précise ainsi RTE dans ce document, soit 3 à 4 GW de moins que dans les prévisions précédentes publiées en septembre.

Pour le reste de l’année, le risque pour l’approvisionnement en électricité de la France est faible en novembre et modéré début décembre, la réduction de la demande et la prévision d’une baisse de la production nucléaire se compensant largement.

La production nucléaire des prochaines semaines devrait être réduite à la suite d’une grève des travailleurs d’EDF (EDF.PA) qui s’est terminée en octobre, et de retards ou d’aléas techniques lors de la maintenance de plusieurs sites, indique RTE.

Les travaux sur les réacteurs touchés par la corrosion sous contrainte se déroulent comme prévu et n’ont pas contribué aux retards, a-t-il ajouté, précisant que plusieurs réacteurs réparés devraient redémarrer dans la seconde moitié de novembre et au début de décembre.

L’atteinte d’une production plus élevée de 45 GW d’ici janvier dépendra des progrès réalisés sur les réacteurs affectés par la corrosion et de la fin de la maintenance des réacteurs de la série N4 – les centrales de Civaux et de Chooz – qui auront été arrêtés pendant plus d’un an, indique le rapport.

Même avec l’incertitude sur la production, le rapport indique que les prix de l’électricité sur le marché à terme pour le début de 2023 comprennent une prime de risque disproportionnée par rapport à l’équilibre offre-demande.

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