Le CAC 40 hésite face à la nouvelle poussée des prix du pétrole

Le CAC 40 hésite face à la nouvelle poussée des prix du pétrole

La Bourse de Paris évoluait sans direction claire jeudi matin, partagée entre les mesures annoncées par le Trésor américain pour détendre le marché obligataire et le maintien des cours du pétrole à des niveaux élevés. Le Brent reste au-dessus des 90 dollars dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient.

La prudence domine à la Bourse de Paris. Vers 10h30 jeudi, le CAC 40 évoluait quasiment à l’équilibre, en recul de seulement 0,01 %, à 8 501,14 points. La veille, l’indice parisien avait déjà clôturé sur une baisse limitée de 0,09 %, à 8 501,91 points.

Les investisseurs restent notamment attentifs à l’évolution du marché de l’énergie. Le Brent, référence internationale pour les cours du pétrole, continue de s’échanger au-dessus de 90 dollars le baril alors que les perspectives d’apaisement au Moyen-Orient restent incertaines.

Les tensions avec l’Iran soutiennent les cours du pétrole

La situation géopolitique contribue à maintenir la pression sur les prix du brut. Donald Trump a menacé mercredi de prendre de lourdes mesures économiques contre les pays qui apporteraient leur soutien à l’Iran dans son effort de guerre.

Ces déclarations renforcent les inquiétudes concernant les conséquences du conflit sur l’approvisionnement énergétique mondial. Quelques jours auparavant, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent avait également menacé Téhéran d’un isolement économique d’une ampleur sans précédent.

Cette situation est particulièrement surveillée en Europe. Les économies européennes demeurent fortement dépendantes des importations d’hydrocarbures et sont donc directement exposées aux conséquences économiques d’une augmentation durable des cours.

Les analystes de Deutsche Bank soulignent ainsi que les marchés européens sont actuellement davantage pénalisés par la hausse des prix de l’énergie que les places américaines.

Le Trésor américain veut détendre le marché obligataire

Les investisseurs ont toutefois accueilli favorablement une annonce du ministère américain des Finances concernant ses interventions sur le marché de la dette.

À compter du 9 septembre, le Trésor prévoit de doubler le montant de ses rachats d’obligations américaines à long terme, dont les maturités sont comprises entre 10 et 30 ans. Au moins 4 milliards de dollars de titres pourront ainsi être rachetés lors de chaque opération, contre 2 milliards actuellement.

L’objectif est notamment d’améliorer la liquidité du marché obligataire. En augmentant ses rachats de dette à long terme, le Trésor américain peut également contribuer à exercer une pression à la baisse sur les rendements obligataires.

Cette perspective apporte un certain soutien aux marchés financiers, même si son effet apparaît moins important sur les places européennes, davantage préoccupées par l’évolution des coûts énergétiques.

Michelin en tête du CAC 40

Dans ce contexte hésitant, Michelin se distinguait nettement jeudi matin. Le titre du fabricant français de pneumatiques progressait de 2,08 %, à 34,80 euros vers 10h30, enregistrant alors la meilleure performance du CAC 40.

Cette hausse intervient après une amélioration de la recommandation de JPMorgan. La banque américaine est passée de « neutre » à « surpondérer » sur le titre, selon plusieurs médias économiques.

JPMorgan a parallèlement relevé son objectif de cours sur Michelin, le faisant passer de 35 à 42 euros.

Pour le marché parisien dans son ensemble, l’évolution des prix de l’énergie devrait néanmoins rester l’un des principaux points d’attention. Une nouvelle progression du pétrole pourrait peser sur les perspectives d’inflation et sur les coûts supportés par les entreprises européennes, dans un contexte géopolitique toujours particulièrement incertain.

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