Défaillances d’entreprises : la hausse ralentit, mais le nombre de faillites reste très élevé en France
Le nombre d’entreprises en difficulté se stabilise progressivement en France. Selon les dernières données du cabinet Altares, 14 652 procédures collectives ont été ouvertes au troisième trimestre 2026, soit une progression limitée à 0,5 % sur un an. Malgré ce ralentissement, les défaillances restent à un niveau historiquement élevé et plus de 50 000 emplois sont menacés.
Après plusieurs années de forte augmentation, le rythme des défaillances d’entreprises semble enfin ralentir. Entre juillet et septembre 2026, 14 652 sociétés ont fait l’objet d’une procédure collective en France, contre 14 583 au cours de la même période l’année précédente. Cette hausse de 0,5 %, révélée mardi 13 octobre par le cabinet Altares, constitue la plus faible progression enregistrée depuis la crise sanitaire.
Ce ralentissement ne signifie toutefois pas que les difficultés économiques sont terminées. Sur les douze derniers mois, près de 72 000 entreprises ont été concernées par une procédure collective, un niveau record selon le cabinet spécialisé dans l’information économique.
Dans le détail, les liquidations judiciaires directes ont diminué de 1,2 % au troisième trimestre, avec 9 744 procédures. À l’inverse, les redressements judiciaires ont augmenté de 4,2 %, pour atteindre 4 576 dossiers. Les procédures de sauvegarde restent beaucoup moins fréquentes, avec 332 ouvertures.
Les conséquences sur l’emploi demeurent importantes. D’après les données relayées par l’AFP, 50 510 postes sont menacés, soit une diminution de 2,9 % par rapport au troisième trimestre 2025. Ce chiffre correspond aux emplois potentiellement affectés par les difficultés des entreprises et non à des suppressions de postes déjà effectives.
Les très petites entreprises restent les plus fragiles
Les difficultés se concentrent toujours largement sur les petites structures. Au troisième trimestre, les entreprises comptant moins de trois salariés ont représenté 10 960 procédures collectives, soit près des trois quarts du total. Leur nombre de défaillances a progressé de 2,9 % sur un an.
Les jeunes sociétés sont également particulièrement exposées. Les entreprises créées depuis moins de six ans représentent 42 % des procédures enregistrées durant cette période.
La situation varie cependant fortement selon les secteurs. Dans la construction, le nombre de défaillances a diminué de 3,1 % sur un an. L’industrie manufacturière affiche une amélioration plus marquée, avec un recul de 11,8 %. Les transports enregistrent également une légère baisse de 1,6 %.
À l’inverse, les activités dépendantes des dépenses des ménages continuent de souffrir. Les défaillances progressent de près de 10 % dans la restauration et de plus de 30 % dans l’hébergement. Les commerces et les services de proximité restent eux aussi confrontés à un environnement difficile, marqué notamment par la prudence des consommateurs.
Des disparités importantes entre les régions
L’évolution des défaillances présente également de fortes différences territoriales. Les Pays de la Loire enregistrent une augmentation de 18,4 % au troisième trimestre, tandis que la Bretagne affiche une hausse de 11,4 %.
D’autres régions connaissent au contraire une amélioration. Le nombre de procédures diminue de 11,9 % en Normandie, de 5,5 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, de 5,3 % en Nouvelle-Aquitaine et de 4,9 % dans le Grand Est.
Ces résultats témoignent d’une situation économique encore fragile, malgré les premiers signes d’accalmie. Le ralentissement des défaillances constitue une évolution encourageante après plusieurs années de hausse, mais leur volume demeure exceptionnellement élevé. Pour les entreprises, notamment les plus petites, la solidité de la trésorerie et l’évolution de la consommation resteront déterminantes au cours des prochains mois.
