« Les entreprises qui le peuvent, le feront » : le Medef soutient le doublement de la prime carburant
Face à la flambée persistante des prix à la pompe, le gouvernement tente de desserrer l’étau pour les salariés et les entreprises les plus exposés. Parmi les nouvelles mesures dévoilées jeudi figure le doublement de la prime carburant employeur, dont le plafond passera désormais de 300 à 600 euros par an et par salarié. Une aide saluée avec prudence par le Medef.
Invité de franceinfo vendredi matin, son porte-parole Charles Znaty a estimé que « les entreprises qui le peuvent, le feront », évoquant un dispositif susceptible d’aider de nombreux employeurs à maintenir leur activité malgré la hausse des coûts énergétiques.
Cette prime, exonérée d’impôts et de cotisations sociales, reste facultative et dépend de la décision des entreprises. Elle permet de prendre en charge tout ou partie des frais de carburant engagés par les salariés pour leurs trajets domicile-travail. Avec le relèvement du plafond à 600 euros, l’exécutif espère donner davantage de marge aux employeurs confrontés à la colère grandissante des salariés touchés par la hausse des dépenses quotidiennes.
Pour le Medef, ces aides constituent avant tout une réponse d’urgence à une situation économique tendue. « Beaucoup vont souscrire à ces aides », a assuré Charles Znaty, estimant qu’elles permettront de « soulager la situation » des entreprises et de leurs employés, notamment dans les secteurs fortement dépendants des déplacements.
Mais le représentant patronal a également rappelé que toutes les sociétés ne disposeront pas des moyens nécessaires pour suivre le mouvement. Certaines entreprises, déjà fragilisées par le ralentissement économique et l’augmentation des charges, pourraient être incapables de financer cette prime supplémentaire.
« Il y en aura certainement qui seront en difficulté et qui ne pourront pas le faire », a-t-il reconnu, soulignant que le nombre de défaillances d’entreprises est revenu à des niveaux particulièrement élevés ces derniers mois.
Le gouvernement, lui, mise sur un ensemble de mesures destinées à amortir le choc économique provoqué par les tensions sur les prix de l’énergie. Ce nouveau « paquet » d’aides vise en priorité les professions et les secteurs les plus exposés, alors que le coût du carburant continue de peser lourdement sur les budgets des ménages et sur les charges des entreprises.
Malgré son soutien au dispositif, le Medef insiste toutefois sur le caractère temporaire de ces annonces. Pour Charles Znaty, ces mesures ne règlent pas les difficultés structurelles auxquelles les entreprises françaises sont confrontées. Il évoque des « correctifs » capables d’apporter un soulagement immédiat, mais insuffisants pour résoudre durablement les problèmes économiques de fond.
Cette prudence illustre les inquiétudes persistantes du patronat face à une conjoncture économique jugée fragile. Entre inflation, hausse des coûts de production et ralentissement de l’activité, de nombreuses entreprises redoutent une dégradation supplémentaire de leur situation financière dans les mois à venir.
Le gouvernement espère néanmoins que cette revalorisation de la prime carburant contribuera à préserver le pouvoir d’achat des salariés tout en évitant une paralysie de certains secteurs dépendants de la mobilité. Reste désormais à savoir combien d’entreprises auront réellement la capacité financière de mettre en place ce dispositif renforcé.
